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Dans la soirée du lundi 12 août, le candidat malheureux à l’élection présidentielle de la veille, Soumaïla Cissé, en compagnie de sa bien aimée épouse et de deux de ses chers enfants, s’est rendu chez IBK à Sébénikoro pour reconnaitre sa défaite et féliciter son adversaire.

L’acte posé par Soumaïla Cissé résulte d’une grande intelligence et est de portée hautement politique. Il a ainsi réussi un coup médiatique national et international. En effet, de façon classique, le bon perdant appelle son vainqueur au téléphone, pour le féliciter et lui souhaiter bonne chance dans la gestion des affaires publiques.

La vitrine démocratique de la sous-région, le Sénégal, nous a habitués à cette élégance. Le Bénin également, et plus récemment le Niger. Aujourd’hui, Soumaïla Cissé innove, en se déplaçant avec sa famille, pour se plier au choix des Maliens, chez le vainqueur. C’est une nouvelle école démocratique, made in Soumaïla Cissé.

Celui-ci, par son geste, a respecté les Maliens, qui ont massivement voté IBK. Par la même occasion, il honore le pays et il prouve la grandeur du Mali, laquelle ne peut être que l’œuvre de grands hommes. Il s’honore également et se pose en solution alternative.

C’est là que réside la portée hautement politique de son acte. S’il continue à voir grand, à jouer grand, il n’y a pas de doute que demain, si les Maliens aspirent à un changement, ils se tourneront vers Soumaïla Cissé. Il va donc falloir qu’il se prépare à jouer pleinement sa future mission, qui s’apparentera plutôt à celle d’un chef de l’opposition qu’à celle d’un chef de la majorité.

Sans anticiper sur les législatives, dans le contexte actuel, il est difficile que Soumi et ses alliés peu sincères gagnent ces élections pour nous conduire vers une cohabitation. Le Président élu, IBK, et ses soutiens ont toutes les possibilités, avec une bonne capitalisation, de réussir un grand rassemblement, en évitant les attitudes boulimiques, pour former une majorité parlementaire stable.

En attendant, Soumaïla Cissé, qui garde intactes ses ambitions politiques, doit se battre pour être député chez lui, à Niafunké. Il doit rester au Mali, se frotter aux dures réalités politiques, participer aux débats de la nation, afin d’avoir une véritable tribune d’expression à l’Hémicycle. C’est vraiment la porte d’entrée du palais présidentiel.

La plupart des Présidents au niveau africain, voire mondial, sont passé par le Parlement. C’est le cas, entre autres, de Chirac, Hollande, Obama, Gbagbo, Mahamadou Issoufi, Faure Eyadema et IBK. C’est de cette façon que l’on peut se forger un destin national.

La présence au Parlement de Soumi lui constituerait un autre carnet d’adresses, qui pourra s’ajouter aux nombreuses relations qu’il a déjà tissées à travers le monde. Pour l’instant, Soumaïla Cissé est bien parti. Saura t-il maintenir le cap jusqu’à la prochaine présidentielle?

Chahana Takiou

15 Août 2013