Partager

Sur la présidentielle d’avril, Att aura fait plus que la méthode Coué. Aux épouses des militaires qu’il recevait début février, -mais le message ne leur était pas destiné-, il a été formel : il ne restera pas une seconde de plus au-delà de son mandat. Plus tôt en fin 2011 à Dioïla, il avait été aussi limpide sur le sujet. A des forumistes, ce week-end, il a tenu les mêmes propos, cette fois-ci avec force détails et précisions, invoquant la jurisprudence de 1992 où malgré la rébellion, les premières élections démocratiques du pays ont pu être tenues partout sauf… à Kidal.

Et entre ces occasions, recevant, il y a dix jours, la classe politique sur la crise du Nord, Att avait anticipé : «les élections se tiendront à date». Il est vrai que ce qui conforte notre processus démocratique, c’est bien des élections tenues à date sur l’ensemble du territoire et avec des résultats acceptés par les parties prenantes. Et rare cerise sur le gâteau poussif des processus électoraux africains, que le vaincu félicite un vainqueur au triomphe modeste.

Il se comprend également que le président, à cette tournure tout aussi inattendue et désagréable de son mandat, soit pressé de passer la main. Mais entre ce qu’on veut et ce qui est attendu, il y a ce qu’on peut.

Or le principe de réalisme fait du scrutin d’avril une équation plutôt qu’une simple routine. Le périmètre d’insécurité est bien plus large que celui de 1992 et la capacité de riposte de la rébellion bien plus grande. Réussir malgré ! Soyons donc le président mais qu’il le sache : s’il avance, il sera accompagné, s’il s’arrête, il sera poussé et s’il recule, il sera abandonné.

Adam Thiam

21 Février 2012