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Alors les compteurs sont à zéro. D’abord pour Aqmi qui devrait normalement mettre du temps avant d’avoir sa prochaine cuvée d’otages, vu les restrictions de mouvements d’occidentaux dans les zones-cibles et le quadrillage sécuritaire qui confinera de plus en plus les émirs dans les derniers ergs du no-man’s land. Désormais sans boucliers humains, les Emirs, qui se verront de plus en plus vulnérables, savent que l’âge d’or est fini.

Ensuite, les pays sahéliens sont logés à la même enseigne : plus de Mauritanie à la réputation d’intransigeance, de Mali seul maillon faible et de Burkina Faso bon samaritain. Même s’il a du subir d’intenses pressions, Nouakchott est l’instrument par lequel les Catalans sont libres aujourd’hui, Ouaga ne peut plus invoquer le concours de circonstances car c’est la troisième fois que les otages sont libérés sous leurs négociations et Bamako parce qu’encore une fois, pour les médias internationaux, les otages et tous les otages jusque-là n’étaient détenus qu’au Mali.

Compteurs à zéro également entre Paris et Madrid que le raid du 22 juillet dernier a failli brouiller. A défaut de se frotter les mains, tout le monde rase les murs. Sauf encore une fois Droudkel. Si les pressions à venir n’obligent pas ce Robin des sables à manger sa barbe bientôt, alors il n’y aura pas de doute : les bergers le reconduiront triomphalement dans ses fonctions de président du no-man’s land sahélo-saharien.

Adam Thiam

24 aout 2010