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On appelait François Mitterrand « le Sphinx de l’Elysée » non seulement en raison de son expérience politique mais surtout parce qu’il aimait tendre des pièges à ses adversaires politiques pour mieux les ferrer. Mitterrand, certes, n’a pas été balayé par la Mitterrand-cratie mais il a été échaudé par les « affaires africaines ». ATT, à son tour, va-t-il résister aux bourrasques de l’ATT-cratie car le sphinx vient de frapper de nouveau et promet des lendemains difficiles au locataire de Koulouba. C’est la preuve qu’il entend mener un combat de longue haleine.

Tout comme le fit naguère cet être mythique dont la statue colossale trône actuellement sur pyramide de Gizch tout près du Caire. En effet, ce monstre hybride originaire de l’ancienne Egypte qui se présente sous l’aspect d’un lien ailé à Custe et tête de femme, soumettait une énigme aux voyageurs se rendant à Thèbes et les dévorait s’ils ne trouvent pas la bonne réponse. A ce titre, il était particulièrement redouté par les Grecs. Mais un jour Dedipe réussit à résoudre l’énigme du sphinx et le sphinx accourut.

Aujourd’hui, ATT est confronté au même problème : ou il résout l’énigme du sphinx ou il en prend un sale coup lors de l’élection présidentielle de 2007. Et ce sera la fin d’un règne à Koulouba. Car pour vaincre un adversaire, encore faut-il connaître. Même à l’heure actuelle qui peut parier sur l’identité des auteurs qui se cachent derrière ce monstre même si un groupe de personnes se réclamant de la sécurité d’Etat vient de se signaler à l’attention de l’opinion publique. Aussi, la première énigme du sphinx c’est l’identité du sphinx lui-même.

Qui est-il ou qui sont-ils ? Ce n’est pourtant pas le monstre du Loch Ness dont tout le monde a entendu parler mais que personne n’a jamais vu. Chacun à sa manière. Des criminologues comme Kissima Gakou, conseiller technique au ministère de la Défense, ont même dressé le portrait-robot de l’être mythique comme s’il s’agissait d’un tueur à gage. Une imagination digne de Sherlock Holmes.

En attendant de mettre des noms sur ces figures anonymes, le sphinx continue de faire d’étranges victimes. Tour à tour IBK, le colonel Sambou Soumaré et Boubèye Maïga ont été accusés d’être les auteurs ou à tout le moins les inspirateurs de « ATT-cratie, la promotion d’un homme et de son clan ». Silence méprisant du premier, réponse cinglante du second tandis que le troisième a choisi de tester en justice contre son accusateur.

Pendant que le principal accusé, ATT observe un silence de cimetière dans son bunker de Koulouba. Aveu d’impuissance ? L’adage dit que celui qui ne parle pas consent. A force de se taire, le président en rajoute au suspens si l’on sait que les « auteurs » promettent chaque mois de faire des révélations croustillantes. Il joue donc au feu en prêtant le flanc aux critiques. Toutes choses qui vont jouer négativement sur sa côte en 2007.

Et ce serait fort étonnant de la part d’un homme qui a déjà pris goût aux délices du pouvoir, de vouloir faire un grand plongeon dans l’abîme. Ce d’autant plus que se dessine en filigrane un combat d’arrière garde que les ATTcrates ont décidé de mener, par pur esprit de revanche, pour le faire tomber de son piédestal.

Alors de deux chose l’une : ou ATT trouve la bonne réponse à l’énigme du sphinx ou il court à sa perte.

Mamadou Lamine DOUMBIA

25 octobre 2006.