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Le sommet d’Abuja terminé hier sur les déclarations fermes et univoques de Johnatan Goodluck achève, à bien des égards, la mise à mort de « l’approche pays du champ » s’agissant des menaces du narco-terrorisme sahélo-saharien naturellement surtout contre le Mali, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger mais ensuite à tout l’Ouest-africain, le Maghreb, voire l’Occident.

Les difficultés de cette approche étaient déjà perceptibles à la rencontre ministérielle de la Cedeao à Bamako en octobre 2011. Les participants « hors champ » à cette réunion y ayant vu comme une simple doctrine d’enfermement du débat sécuritaire dont l’objectif premier est de soustraire l’un des principaux sanctuaires du crime organisé à toute intervention étrangère. Ce qui n’aurait pas posé de problèmes majeurs si la réponse des pays du champ consistait à autre chose qu’à proposer à Tamanrasset un état major au monde sans troupes.

La guerre du Nord-Mali aura donc bel et bien lieu si le sommet d’Abuja n’est pas désavoué par Addis-Abeba et New-York qui n’auront pas les arguments politiques pour le faire. Car les présidents ouest-africains ont évité de tomber dans la logique manichéenne où ils se sentaient poussés : la carotte ou le bâton. Ils l’avaient toujours affirmé, ils ont confirmé dimanche à Abuja que leur option préférée est le dialogue. Comme pour toute personne de bon sens.

Ce faisant, ils remettent la balle dans le camp de la rébellion et mettent dans leurs derniers retranchements ceux qui appellent à fermer les yeux sur l’action des mouvements à forte composante touareg. En d’autres termes l’axe Ouaga-Alger. Compaoré lutte pour que les Maliens de la rébellion rangent les fusils et joignent le processus de dialogue. De nombreux maliens ainsi que la communauté internationale le suivent dans cette logique.

Pour Bouteflika, l’objectif n’est pas seulement de sauver la mise à Ansardine mais de prévenir une intervention militaire non malienne, soit t-elle de la très légitime Cedeao. Ce combat a été perdu à Abuja et il ouvre la voie au vrai combat. Celui de la reconquête de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale du Mali.

Adam Thiam

Le Républicain du 12 Novembre 2012