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Dans le cadre de la résolution du conflit qui oppose les Bérets rouges aux Bérets verts, le Président de la République par intérim, Dioncounda Traoré, avait instruit, le 8 février dernier, au Chef du gouvernement, Django Cissoko, de rencontrer les différentes parties pour lui faire ensuite des propositions. Ce dernier s’est immédiatement mis à l’œuvre à travers moult consultations : les représentants des forces vives de la nation, de la hiérarchie militaire, du 33 ème Régiment des Commandos-Parachutistes (RCP).

jpg_Chahana_Takiou-7.jpgA l’issue de ce processus, il a formulé quatre propositions, approuvées par le chef de l’Etat. Il s’agit, d’abord, du maintien des décisions de mutation des éléments du 33e RCP, prises par les chefs militaires. Ensuite, le 33e Régiment des Commandos-Parachutistes sera restructuré: une compagnie d’Instruction sise au Camp de Djicoroni Para et deux autres Compagnies basées, respectivement à Gao et à Tombouctou. De plus, les éléments des deux compagnies de Gao et de Tombouctou seront déployés à Ségou et à Sévaré pour leur mise en condition, avant leur engagement dans les opérations. Enfin, le Ministre de la Défense et des Anciens Combattants veillera à la mise en œuvre de toutes ces mesures. Celles-ci devront prendre effet, au plus tard le 1er mars 2013.

La recette de Django Cissoko doit satisfaire tout le monde pour la simple et bonne raison qu’il a divisé la poire en deux.
En effet, en maintenant les décisions de mutation, le Premier ministre renforce la hiérarchie militaire et la discipline au sein des Forces armées. Cela doit réconforter le chef d’Etat Major Général des Armées, le Général, Dahirou Dembelé, qui s’est montré intransigeant dans l’application des décisions qu’il a prises.

En proclamant la restructuration du 33e Régiment des Commandos-Parachutistes, le Chef du gouvernement rassure les uns et les autres que le Régiment n’est pas dissout. Les Bérets rouges doivent s’en féliciter. Maintenant, comme l’a si bien dit Me Mountaga Tall du CNID, « il ne faut ni instrumentaliser ni politiser l’institution militaire »
La seule chose qui vaille, c’est bien l’application de ces mesures, qu’elles plaisent ou non à une ou à toutes les parties. Les récalcitrants méritent les sanctions militaires qui siéent en la matière. C’est un bon début pour aller vers la restructuration de l’armée, la renaissance de la discipline et des valeurs cardinales du métier des armes.

On ne cessera jamais de le répéter, sans discipline, pas d’armées. Aujourd’hui, il faut le dire, le Mali a honte de son armée, à cause de la guerre fratricide qui la ronge et de la raclée qu’elle avait subie au nord du pays. Il est temps, grand temps de nous faire oublier ce triste souvenir à travers une réconciliation digne de ce nom, des victoires éclatantes avec les pays alliés au Nord du pays.

La voie est toute tracée par Django Cissoko. Mais, il faut encore du suivi et de la rigueur pour parvenir au résultat escompté. Dans ce pays-là, on nous a habitués aux bonnes décisions, malheureusement, elles ne sont jamais mises en œuvre. Voilà le terrain sur lequel, on attend Django Cissoko et son succès à la tête du gouvernement dépendra de l’application effective des mesures prises, pas seulement pour les militaires, mais pour l’ensemble des composantes de la société.

Chahana Takiou

22 Septembre du 18 Février 2013