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Comme toujours le président burkinabe pèse ses mots. Mais son agacement vis-à-vis de Bamako est évident. Pour lui, dire Ok à l’assistance Cedeao au Nord mais pas au Sud veut simplement dire que le gouvernement malien ne veut pas d’aide pour la libération du Nord. Il précise que le dialogue va continuer pour amener Bamako à la raison mais c’est clair que les propos de ce leader feutré résonnent comme une sentence de divorce.

Aux dépens de l’Etat malien et avec comme greffier un François Hollande de plus en plus audible sur le dossier Sahel. Même si du président français, il est difficile de comprendre qu’il ait directement parlé du Nord-Mali avec tous les leaders de la sous-région sauf Dioncounda Traoré lui-même qui a pourtant la légitimité constitutionnelle de son statut.

Mais ceci est une autre paire de manche. Le fait est que la nouvelle du blocage qui murmurait, se démentait, ou se relativisait à Bamako est maintenant confirmée par le médiateur de la crise malienne. C’est donc fini ? Bamako se frottant les mains et la Cedeao obligée de rester dans son coin ? Rien n’est moins sûr.

Sauf si l’armée malienne remobilisée se lance incessamment à la reconquête, mais reconquête victorieuse du nord, un compromis sera forcément trouvé. Il ne le sera pas au détriment de la sécurité des forces dont Abuja aura la responsabilité chez nous. En revanche, au motif qu’il n’a pas besoin de la Cedeao au Sud, le gouvernement aura beaucoup de mal à se défendre aux yeux de ses propres communautés subissant les affres de l’occupation.

D’ailleurs, l’échec difficile à anticiper des négociations avec Abuja pourrait accélérer une solution Onu-Ua qui ferait moins de concessions. Au nom des menaces du Nord malien sur la sécurité de ses voisins et du monde. La question n’est donc pas si une intervention étrangère se fera, mais quand.

Adam Thiam

19 Septembre 2012