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Depuis avant-hier, 07 juin, Col Assimi Goïta a été investi par la Cour Suprême comme le nouveau président de la Transition. Dans la foulée, il a officiellement  chargé, à travers le Décret 2021  036/PT-RM du 07 juin 2021, Choguel Kokalla Maïga pour former le nouveau Gouvernement de la Transition. La tâche ne sera certainement pas aisée pour le tandem Assimi-Choguel tant tout est à faire et refaire. Dans ce Mali profondément meurtri  par  des attentats terroristes et les conflits intercommunautaires, il faut  aussi recoudre le tissu socioéconomique.  Le chantier Mali est colossal, l’heure de la création  doit  donc finir afin que les autorités se mettent  maintenant au boulot.

Evidemment, la feuille de route de l’ex PM  Moctar Ouane n’était pas réaliste. Elle était trop ambitieuse pour une Transition de 18 mois. En fonction du peu de temps disponible pour  boucler les  18 mois de Transition (il ne reste plus que 8 mois), Choguel Kokalla Maïga  doit  donc éviter de tomber dans les mêmes travers que son prédécesseur. Il devra  alors être réaliste  en identifiant  très vite les priorités de son Gouvernement afin de  pouvoir  mettre en œuvre les réformes les plus nécessaires  et compatibles, en laissant le soin aux futures autorités élues  de mener le reste.

Conformément au souhait de son mouvement, le M5-RFP, le PM Choguel doit  donc s’atteler, avec l’ensemble des courants  politiques  que  va compter son Gouvernement (de large ouverture),  à la rectification du processus transitionnel.  Il doit aussi montrer des signaux  forts en faveur  de la rupture avec l’ère IBK durant laquelle, ont prospéré la corruption et le népotisme. Mais la question sécuritaire est incontestablement celle qui doit avoir la  réponse  la plus urgente et la mieux appropriée pour permettre à notre pays de se sortir de la spirale d’attentats terroristes et de conflits intercommunautaires.  Il doit  s‘évertuer  à ce qu’il n’y est plus de no man’s land dans notre pays, à l’instar de Kidal.  Le tandem Assimi-Choguel doit, tout en préservant les intérêts supérieurs du Mali, s’atteler à convaincre la Communauté internationale, en l’occurrence la France, de continuer à aider notre pays à recouvrer  son intégrité territoire.

D’ores et déjà, à  l’occasion de son investiture, le nouveau président de la Transition a  tenu de rassurer cette Communauté Internationale en affirmant  que son pays va  «honorer ses engagements vis-à-vis de la Communauté Internationale ». Choguel, lors du premier anniversaire du M5-RFP, avait déjà dit la même chose (il n’était pas encore officiellement PM), tout en demandant aux partenaires  militaires  extérieurs du Mali de ne pas  abandonner notre pays en ces mauvais moments. De toute  façon, Assimi Goïta et Choguel Maiga vont certainement continuer de faire des gestes afin de pouvoir  rassurer les partenaires stratégiques du Mali, surtout par rapport à la crise sécuritaire.  Toutefois, les partenaires et   la tutelle extérieure (Minusma-France)  doivent à leur tour cesser de trop s’ingérer des questions nationales. Qui doivent rester du seul ressort des maliens.

Par ailleurs,  il  est  clair que  les forces vives du Mali ont  soif de voir des signaux forts de rupture par rapport à la gouvernance IBK. Il faut donc qu’Assimi Goïta et Choguel  produisent  illico presto des actes concrets   pour convaincre les Maliens qu’ils ne sont au pouvoir que pour les conduire vers leur mieux-être. Cela est nécessaire tant  la demande sociale est assez forte. Quid du dossier de la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance ? Le chef de l’Etat et son Premier ministre pourront-ils maitriser  les dissensions au sein de la classe politique ? La tâche  ne leur sera pas du tout aisée, mais l’impossible n’est pas malien !

Qu’Allah soit avec le Mali !

Gaoussou Madani Traoré

Source: Le Pélican