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Depuis lundi dernier, tous les mouvements armés du Mali: le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil unifié de l’Azawad (HCUA), le Mouvement Arabe de l’Azawad (MAA) et les Forces patriotes de résistance (FPR), sont présents à Alger, non pas pour participer à un forum, mais pour harmoniser leurs positions, sous l’égide d’Alger, dans la perspective de la reprise des négociations.

jpg_Chahana_Takiou-15.jpgC’est dire que le Président Blaise Compaoré, se retire du dossier malien au profit de l’Algérie d’Abdoul Aziz Boutéflika, qui n’aurait pas dû s’en éloigner. C’est donc le moment de rendre un hommage appuyé au Président du Faso pour les sacrifices consentis dans le cadre de la médiation de la CEDEAO.

C’est donc une très bonne chose que nos frères algériens reprennent ce dossier, après un très grand recul, suivi des récriminations des Maliens, qui ne comprennent pas toujours l’attitude de ce voisin, jugé souvent comme «complice des rebelles».
C’est une très bonne chose, parce que nous osons croire qu’Alger tirera toutes les leçons des erreurs passées, pour aider au mieux le Mali, considéré comme la deuxième patrie d’Abdoul Aziz Boutéflika, après bien sûr, son Algérie natale.

C’est une très bonne chose, parce que, sans l’implication sincère et honnête de l’Algérie dans la crise malienne, il n’y aura aucune solution durable. Sur le plan géostratégique, Alger est le pays limitrophe le plus outillé, militairement, financièrement, économiquement et culturellement parlant, pour faire pression sur les rebelles de l’Adrar des Ifhogas.
Car, c’est à partir d’Alger que le marché de Kidal est bien approvisionné en vivres et autres produits. Même Tombouctou et Gao soufflent économiquement grâce aux produits algériens. Alger est donc importante dans le dispositif malien pour maintenir, voire consolider, la paix au Nord du Mali. La paix, ce n’est pas que déposer les armes. La paix, c’est aussi le développement, qui suppose au moins l’approvisionnement correct des marchés, pour acheter et vendre.

Ne nous trompons pas: sans Alger, il n’y aura pas de paix au Nord du Mali, même avec la signature annoncée d’un Accord de défense et de sécurité avec la France. Seulement voilà: Alger ne jouait pas franc jeu, sinon cette partie du pays serait stable depuis fort longtemps. Considérons que cela c’est du passé. Vivement une nouvelle approche.
C’est pourquoi le nouveau pouvoir doit aller avec notre partenaire d’Alger sur de nouvelles bases, avantageuses pour nos deux pays. Parce que, si le Mali est déstabilisé, Alger le ressentira tôt ou tard. Rappelons-nous le cas d’Inamenas, l’usine de gaz attaquée par des Djihadistes, avec à la clé plusieurs dizaines de morts.

Alger a certainement compris qu’elle a le devoir d’aider le Mali et de reprendre la main, à travers des négociations inclusives, telles que demandées par l’Accord de Ouagadougou. Mais attention!: Après l’Accord d’Alger du 4 juillet 2006, l’Accord cadre de Ouagadougou du 18 juin 2013, vivement l’Accord de Bamako.
On peut donc commencer les négociations à Alger, pour les terminer dans la capitale malienne, avec un cachet particulier, pour magnifier la paix, rien que la paix, et renvoyer les parties à assumer leurs responsabilités et leurs engagements.

Chahana Takiou

22 Septembre du 16 Janvier 2014