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Suite aux évènements de Kati, le ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maïga, nous informe qu’une opération, conduite par l’Etat-major Général des Armées, a abouti à la neutralisation sans violence des éléments impliqués dans les évènements ayant terni momentanément l’honneur et l’image des Forces Armées et de Sécurité.

Le même ministre nous apprend que toutes «les armes individuelles et collectives qui étaient en possession des mutins, ainsi que celles détenues à la résidence du Général Amadou Aya Sanogo, ont été récupérées et réintégrées dans les dépôts logistiques sécurisés par les troupes déployées dans le cadre de l’Opération SANIYA».

Cet acte est intervenu alors qu’IBK prononçait son discours à la Nation, annonçant, entre autres, la dissolution du CNDRE et le respect de la discipline et de la hiérarchie militaire.

Unanimement, le discours d’IBK a été salué par les Maliens. L’acte concomitant qui a permis la libération de Kati a également été applaudi par nos compatriotes, voire nos amis de l’étranger.
Il s’agit de maintenir la pression, de ramener les questions militaires là où elles doivent être abordées, d’imposer la hiérarchie et, la chaîne de commandement, comme mode de gestion au sein des forces armées et de sécurité.

L’acte premier d’IBK a donc été une réussite totale, grâce à l’implication et à l’intelligence du ministre de la Défense, qui n’a pas attendu le retour du Président de la République de Paris pour agir et s’assumer pleinement, avant de rendre compte au chef.

Reste l’acte II, c’est-à-dire les sanctions à infliger aux indisciplinés de Kati. De quelles natures seront-elles? Radicales, clémentes ou pusillanimes?

La fermeté dont a fait montre IBK laisse à croire à une solution juste, ce qui pourrait nous conduire vers un strict respect de la loi militaire.

Le politique n’aura donc pas grande chose à dire à ce niveau-là. Que tout le monde respecte la loi. IBK a l’habitude de dire que nul n’est et ne saurait être au dessus de la loi. Dura lex sed lex (la loi est dure mais c’est la loi).

La gestion de l’acte II n’est pas moins importante que l’avenir militaire du désormais Général Amadou Aya Sanogo. Comment va-t-il intégrer la chaine de commandement ? Sera-t-il muté dans un pays lointain ou sera-t-il mis en retraite.

En tout cas, il a la chance de ne pas se retrouver parmi les récalcitrants du lundi 30 septembre, même s’il en est un. Il y aura un goût d’inachevé si ses ex-compagnons, les mutins de la semaine dernière, venaient à être punis en laissant Sanogo indemne.

A chercher de près, on retrouvera, à n’en pas douter, une responsabilité, directe ou indirecte, du nouveau Général dans ces évènements.

Alors, que les enquêtes annoncées soient rigoureuses et impartiales, afin que tous les fautifs, les vrais, puissent répondre de leurs actes.

Chahana Takiou

07 Octobre 2013