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Le Président Moussa Traoré est arrêté, inculpé puis et écroué. Ce fut pour les dirigeants de la révolution démocratique une manière républicaine de faire appliquer la justice au profit de toutes les victimes (martyrs ou blessés) de la furie meurtrière du régime de Moussa Traoré qui s’est abattue sur de simples citoyens qui manifestaient pour l’avènement d’une société civile respectueuse des droits et des libertés des citoyens. Personne ne s’en est offusqué, au contraire l’opinion nationale et internationale a applaudi des deux mains. Pourtant personne ne doutait du fait que le Président Moussa Traoré n’était pas celui qui appuyait sur la gâchette, mais il n’en demeure pas moins qu’il était le Chef de l’Etat et Chef des Armées; donc pénalement responsable. Ce que réussirent à démontré juridiquement la partie civile en s’appuyant sur les lois et règlements de la République du Mali en général, la loi fondamentale en particulier. Le Président Moussa Traoré fut reconnu coupable par les juridictions compétentes et condamné à mort. Il y avait-il acharnement ?

A une date récente, le 27 Novembre 2013, le Général Amadou Haya Sanogo est arrêté, inculpé et écroué pour les chefs d’accusation de complicité d’enlèvement de personnes et séquestration. Cette décision de Justice, contestable ou pas (seuls les juges pourront le décider) était d’autant plus normale qu’elle était le prélude à une nouvelle gouvernance dont le socle principal décliné par le chef de l’Etat fraîchement élu IBK, est l’expression d’une Justice égale pour tous les citoyens maliens qui traque la corruption et l’impunité. Cette décision du Procureur poursuivant fut alors exécutée sans état d’âme avec le placement du Général Sanogo sous mandat de dépôt. Il est présentement en attente de jugement, malgré que tous les témoignages relayés par la presse fondent son interpellation sur le fait qu’il serait le donneur d’ordres en tant que Chef suprême des militaires exécutants. L’opinion n’avait rien trouvé à y redire même si certains ne se privaient pas du désir de triompher et d’autres d’être tristes. Il n’y avait pas l’ombre d’un acharnement, mais seulement l’expression précieuse de l’indépendance de la Justice et de la liberté des magistrats.

L’actualité judiciaire est aujourd’hui marquée par la demande d’inculpation du Général ATT, ancien Président de la République, pour haute trahison, formulée le 27 Décembre 2013. Il lui est reproché, entre autres griefs, celui « D’avoir, en sa qualité de Président de la République du Mali, donc Chef Suprême des Armées, et en violation du serment prêté, facilité la pénétration et l’installation des forces étrangères sur le territoire national, notamment en ne leur opposant aucune résistance, faits prévus et réprimés par

l’article 33, al 2 du Code pénal ». Au-delà de toute considération juridique; ce seul grief est suffisamment grave du point de vue de la garantie de la sécurité nationale et de la protection de l’intégrité territoriale dont le Président de la République est l’unique garant selon la constitution du Mali de 1992 en ses articles 29 qui traite de ses attributions et 37 qui exprime le serment qu’il prête devant la Cour suprême.

Dénier aux institutions de la République la qualité de faire inculper et juger le Président ATT après toute la détresse que les maliens et maliennes et le Mali ont subi pendant son magistère, est irresponsable et criminel.

L’extraire du panier des autorités justiciables après le jugement du Général Moussa Traoré et l’inculpation du Général Sanogo, est juridiquement irrecevable et moralement inacceptable. Parce que ce serait lui conférer une dignité supérieure aux deux premiers; ce qui s’appelle de la discrimination, un délit puni par la loi.

Les « intellectuels » (enseignants, journalistes, autres penseurs) défenseurs du Président ATT qui voudraient imputer l’occupation d’une partie du territoire malien (rupture de l’intégrité territoriale) au Parlement et aux députés, en convoquant la co-responsabilité pénale, n’ont jamais lu la loi fondamentale du Mali..

Le Président ATT sera jugé. Mais en tant qu’ancien Chef de l’Etat du Mali, il mérite mieux que cette ligne de défense pathétique et misérable qui pollue la presse et les sîtes web alimentaires du Mali.

Vous dites toujours ACHARNEMENT ?! Je cherche les ACHARNES !

Aliou Badara Diarra

L’Enquêteur du 13 Janvier 2014