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« Jamais de mémoire de Malien, la Chambre de commerce et d’industrie du Mali(CCIM) n’a suscité autant d’intérêt et de passion », a dit Jeamil Bittar. Il avait auparavant martelé : « nous sommes arrivés au terme d’un processus électoral qui a révélé au grand jour nos performances et notre réussite ». L’orateur venait de commencer son discours à l’occasion de son investiture.

Il était visiblement gagné par l’émotion, devant ses pairs opérateurs économiques et leur patron, le ministre des finances, Abou Bakar Traoré. Les tensions électorales derrière, le nouveau maître de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali avait trouvé l’une des rares occasions pour recoller les morceaux.

« C’est donc dire que les remous, les incompréhensions et autres soubresauts enregistrés lors de notre processus électoral sont à classer au chapitre des acquis de l’institution en terme de notoriété. En effet, il faudrait ravaler ces remous électoraux au rang de manifestation d‘une simple crise passagère de croissance de institution», a déclaré le président de la CCIM.

Mais le mandat de Bittar intervient dans un contexte économique mondial difficile marqué par une flambée du cours du pétrole doublée d’une pénurie de denrées alimentaires qui sont des bases de notre système de survie.

C’est un défi auquel la Chambre de commerce et d’industrie du Mali doit faire face. Ainsi, le nouveau bureau envisage la réalisation d’un magasin de stockage de 8 000 m2 à Téma au Ghana, l’informatisation et la mise en réseau du siège de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali avec toutes les délégations régionales.

L’équipe Bittar va aussi s’engager très rapidement dans l’achèvement des travaux du parc d’exposition de Bamako, sans compter la continuation de la construction des sièges de la CCIM dans les régions, dont Sikasso et Mopti.

Selon le nouveau président du secteur privé malien, toutes les actions de la CCIM n’ont qu’un but : favoriser la compétitivité des entreprises et le dynamisme des régions. Par la même occasion, il s’agit d’accompagner les entreprises dans leur développement, intervenir à tous les niveaux des débats économiques, tout en exprimant le point de vue des entreprises.

Les projets les plus solides bénéficieront d’un accompagnement sur mesure afin de favoriser l’accès au financement et à la formation.

A en croire Jeamil Bittar, la veille et l’intelligence économique seront au cœur des préoccupations. « Il s’agira de renforcer notre dispositif de collecte et de diffusion de l’information. De même, notre service de documentation sera modernisé pour être en mesure, non seulement de répondre aux sollicitations et besoins des opérateurs économiques, mais de maintenir en permanence un état de veille concernant les frémissements et bouleversements futurs dans tous les secteurs d’activité », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, le nouveau bureau va renforcer les actions dans le cadre des missions d’encadrement des acteurs du secteur privé, par la mise en place d’une structure d’aide à la création et au développement des entreprises.

Cette structure, animée par des experts,fournira des prestations dans le domaine du conseil et de l’encadrement en développement industriel, en commerce international, en innovation technologique, en développement international et de façon générale en import et export. En plus, elle constituera, à la fois, une véritable pépinière et incubateur d’entreprises.

Dans le domaine de la formation, des mesures urgentes seront mises en œuvre, concernant notamment l’école créée par la CCIM. « Cet institut devra entamer urgemment une mutation pour se conformer aux exigences et besoins en formation du secteur privé, et aussi se mettre à niveau par rapport au réseau mondial de la formation consulaire », a conseillé M. Bittar.

Mais il ne s’agit pas de concurrencer les opérateurs privés du secteur de l’éducation, mais de fournir des passerelles et des enseignements complémentaires ou spécialisés en termes de formation professionnelle.

En ce qui concerne la prise en compte des différents secteurs professionnels, la CCIM entend s’atteler à la dynamisation et à la diversification du tissu industriel, en encourageant l’exploitation des ressources naturelles dont essentiellement la transformation des produits de l’agriculture.


Soumaila T. Diarra

01 Aout 2008