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Alpha Bocar Nafo, directeur
général de la filiale malienne de la BRS, a indiqué que l’institution
financière qu’il a l’honneur de diriger n’est pas née du plaisir ou du
pouvoir de créer une nouvelle banque, mais de la volonté de ses
initiateurs qui ont toujours nourri l’intime désir d’offrir aux plus
démunis de nos populations une opportunité de financement, un espoir, une
alternative pour la vie.

Pour cela, il a estimé que la BRS ne vient pas
pour prolonger simplement la liste des banques. « Elle s’inscrit dans un
système financier particulier et innovateur, celui qui propose une
nouvelle politique bancaire fondée sur la mutualité. Cela s’appelle faire
la banque autrement
« , a-t-il déclaré.

Selon Alpha Bocar Nafo, faire la
banque autrement est un vieux rêve des autorités qui se transforme
aujourd’hui, avec la BRS, en acte politique majeur pour répondre
positivement aux aspirations des populations.

D’ores et déjà, le directeur
général de la BRS a indiqué qu’elle développera sa démarche en orientant
ses actions vers les populations prioritairement ciblées par l’Etat
malien.

Alpha Bocar Nafo a rappelé que depuis quelques mois, la banque
qu’il a l’honneur de diriger est entrée dans une dynamique partenariale
avec certains départements ministériels dont le ministère de l’emploi et
de la formation professionnelle.

« Les premiers fruits de ce partenariat
ont été la signature de convention pour le financement de projets des
jeunes opérateurs économiques à hauteur de 300 millions de FCFA et la
création d’une quarantaine d’entreprises de promoteurs appartenant à notre
clientèle cible
« , a-t-il révélé.

Avant d’inviter chaque malien à voir en
la nouvelle banque une voie royale, un salut pour les hommes et femmes
considérés comme laissés pour compte parce que n’ayant pas accès au
système bancaire tel qu’il existe sous nos cieux.

De son côté, le Premier ministre, Ousmane Issoufi Maiga, a indiqué que
l’inauguration de la BRS confirme la nouvelle orientation dans les
politiques financières de nos Etats qui ont longtemps exclu, voire ignoré
la majeure partie de nos populations en raison de leurs conditions
économiques.

« On peut affirmer aujourd’hui qu’une injustice a été réparée
et que les pauvres et les démunis de la sous-région ont désormais leur
banque
« , a-t-il déclaré.

Il a aussi estimé que l’acte d’inauguration de la
BRS marque un pas important dans le mouvement d’intégration
sous-régionale.

Le premier ministre a ensuite indiqué que la BRS est le
fruit d’un long processus de réflexion sur la contribution du secteur
financier dans la lutte contre la pauvreté dans les pays membres de
l’UEMOA.

Selon lui, en janvier 2001, notre capitale a abrité un séminaire
consacré à la recherche de solutions à une dimension essentielle de la
pauvreté, à savoir, le manque de capital financier pour les populations
démunies.

Il dira que ce séminaire a recommandé la mise en place d’une
banque originale par ses procédures opérationnelles, pour lutter contre
l’exclusion financière dans le respect des exigences de rentabilité.

C’est
ainsi que la BCEAO, la BOAD et la commission de l’UEMOA ont mis en place
le dispositif nécessaire pour l’élaboration du projet de la BRS.

A
l’instar du Mali, une filiale de la BRS doit être installée dans chacun
des 8 pays de l’UEMOA.

Mais le premier ministre a indiqué que le Mali n’a
pas attendu la BRS pour penser aux pauvres. Selon lui, les autorités
maliennes ont perçu très tôt l’importance de l’assistance et de la
solidarité afin de ne laisser aucune malienne, ni aucun malien, sur le
quai, rater le train du développement.

« Voilà pourquoi en précurseur, la
volonté politique des autorités maliennes s’était exprimée pour créer, il
y a quelques années, une banque malienne de solidarité (BMS) destinée à
satisfaire en priorité, aux besoins de financement de nos concitoyens qui
n’ont pas les moyens d’être servis au guichet des banques classiques
« ,
a-t-il déclaré.

Assane Koné

07 avril 2006.