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Les sociétés minières bonifient les caisses de l’État à hauteur de 60 milliards de Fcfa l’an au titre des taxes, impôts, dividendes et autres salaires versés aux travailleurs du secteur.

L’extraction minière est en pleine expansion car les potentialités sont énormes. Les métaux tels la bauxite (1200 millions de tonnes), le fer (1360 millions de tonnes), le manganèse, le titane et le tantale, le platine, l’or ou encore le marbre, le diamant (20 pipes kimberlitiques) sont le second pourvoyeur de l’économie nationale après le secteur primaire.

Un code des plus attractifs

Le secteur minier tire une grande part de son dynamisme de la révision permanente d’un code minier reconnu comme le moins contraignant de toute la sous-région.

Le gouvernement s’efforce ainsi d’attirer les capitaux aussi bien étrangers que nationaux. « Notre pays a un sous-sol riche en ressources minières. Il faut donc favoriser les investissements privés compte tenu de la modicité des moyens de l’État », explique Mohamed Keita, conseiller technique, en charge des questions minières au ministère de l’Énergie, des Mines et de l’Eau. Le créneau est ouvert à tout investisseur à condition d’avoir les moyens de ses ambitions.

Les permis et autorisations de recherche et de prospection sont délivrés par le département en charge des mines. Les activités d’exploitation sont autorisées par un décret du président de la république pris en conseil des ministres.

Cette architecture a permis à notre pays de devenir, ces dernières années, une destination prisée des sociétés minières internationales telles RandGold et AngloGold Ashanti.

A côté de ces multinationales, des promoteurs nationaux se démènent pour se faire une place au soleil. Il s’agit notamment de Aliou Boubacar Diallo de « Wassoulor« , Oumar Diallo « Birus » de « New Gold », Sidi Mohamed Sylla de « Touba Mining », Abdoulaye Pona de « Mali Mining House » pour ne citer que ceux-ci.

En marge du secteur formel, s’activent environ 300.000 orpailleurs repartis entre les trois régions minières du pays, que sont Kayes, Koulikoro et Sikasso. Ces artisans sont présents sur les placers depuis plusieurs décennies. Ils participent à leur manière à la promotion et à la valorisation des ressources minières de notre pays.

Toutefois cette croissance exponentielle du secteur ne saurait occulter ses difficultés d’ordre organisationnel. Les opérateurs miniers, depuis un certain temps déjà, appellent de tous leurs voeux la création d’une chambre des mines du Mali (CMM). Cette institution consulaire s’occupera de l’organisation et de la représentation des personnes physiques et morales exerçant dans les différentes branches professionnelles d’activités du secteur.

Elle sera chargée de donner des avis à la demande des pouvoirs publics ou de formuler des suggestions sur toutes les questions relatives au secteur minier.

Elle pourra aussi proposer au gouvernement toute mesure lui paraissant propre à favoriser le développement des activités de recherche, de production et de commercialisation des produits miniers.

Ainsi la CMM apportera une assistance technique aux entreprises opérant dans le secteur des mines afin de faciliter l’accomplissement de différentes formalités administratives et de promouvoir leurs activités.

À l’image des autres chambres consulaires, la CMM est composée des représentants des sociétés minières, des coopératives, des GIE et des personnes exerçant des activités minières.

Abdoulaye Pona, le secrétaire général de l’Union nationale des opérateurs miniers du Mali (UNOMIN), explique que l’idée de créer la CMM vient des opérateurs privés qui ressentent le besoin de sécuriser le secteur. Les démarches de mise en place de la CMM ont débuté en 2005. Seulement voilà, depuis cette date, la structure peine à achever sa gestation.

Le président du Conseil national des opérateurs miniers du Mali (CNOM), Oumar Diallo « Birus« , impute cette situation à des malentendus entre les opérateurs et le département pour la désignation des membres de la commission de mise en place. Au début, explique-t-il, le département avait été mandaté pour mettre en place la CMM. Il avait alors décliné l’honneur arguant que la création de la CMM est une affaire relevant strictement d’acteurs privés.


Un interlocuteur approprié

Le ministère reviendra plus tard sur sa décision en nommant un chef de mission en la matière. Ce revirement a été mal perçu par des opérateurs qui ont vu là une volonté manifeste du département de contrôler la CMM. Au département des Mines, l’on se veut rassurant.

« Le département n’a nullement l’intention de contrôler la chambre. Tout a été mis en place pour rendre fonctionnelle la nouvelle structure. Mais son démarrage a buté sur un problème de financement que la coopération danoise a bien voulu résoudre avec un apport financier de 600 millions de Fcfa« , indique Mohamed Keita.

Pour Oumar Diallo la création de la CMM est une exigence. Elle sera l’interlocuteur approprié entre le département et les opérateurs miniers. Le secrétaire général de l’UNOMIN propose, quant à lui, une CMM soucieuse de nos valeurs maliennes. « Nous sommes dans un pays qui a ses valeurs fondées sur le respect et la concession. La CMM ne devra pas être au service d’un clan, celui des puissants comme à l’anglo-saxonne« , prévient ainsi Abdoulaye Pona.

La nouvelle structure aura également pour mission la recherche de fonds d’investissements et de garantie, une meilleure visibilité de l’image du pays à l’extérieur, la régulation et le contrôle du secteur, la centralisation de l’information, etc.

En attendant les élections, les consultations vont bon train à la commission de mise en place de la nouvelle structure. Cette nouvelle tentative sera-t-elle la bonne ? Affaire à suivre.


L. DIARRA

13 Janvier 2009