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Il était entouré pour la circonstance de l’ambassadeur de France au Mali, Michel Reveyrand-de-Menthon dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne, du chef de file des partenaires techniques au Mali, Ellen Van Derlaan, et du chef de la Délégation de la Commission européenne, Giacomo Durazzo

Dans une introduction liminaire, le ministre a expliqué l’objet de cette réunion consacrée au suivi du forum d’Accra sur l’efficacité de l’aide et les questions de l’appropriation de l’aide et de la division du travail.
La rencontre a été initiée par le gouvernement et ses « co-facilitateurs » que sont la France et les Pays-Bas.

Les participants ont fait l’état des lieux du processus d’harmonisation de l’aide au Mali à la suite de trois exposés, suivis de deux études de cas dans les domaines de la santé, de la décentralisation et la réforme institutionnelle.

Les discussions ont ensuite porté sur le thème de la réussite de l’appropriation par une meilleure division du travail entre les partenaires qui interviennent au Mali. De leur côté, les partenaires européens ont fait plusieurs présentations.

Les deux parties se sont alors penchés sur un document prenant en compte tous les aspects discutés et n’étant pas nécessairement des points d’accord définitifs. Le document en question fera ultérieurement l’objet d’une réflexion approfondie des deux côtés pour en tirer un document final plus consensuel.

Le ministre a expliqué que la réunion de Bamako s’inscrit dans la continuité du processus d’Accra (septembre 2008) où d’importants engagements avaient été pris.

Le Mali, a-t-il précisé, a été choisi pour abriter la présente réunion car notre pays, malgré les difficultés auxquelles il est confronté, apparait comme l’un des Etats les mieux disposés à évoluer vers l’harmonisation et l’efficacité de l’aide.

Il l’a démontré par les reformes très ambitieuses qu’il a menées et qui se poursuivent ainsi que par ses efforts pour asseoir une meilleure gouvernance de la gestion publique. Les partenaires se sont, par conséquent, engagés à l’accompagner afin que d’autres pays puissent suivre son exemple, a ajouté le ministre.

Depuis quelques années, a-t-il fait remarquer, notre pays a accompli de grands progrès dans la conception de stratégies de développement national comme le CSLP, devenu CSRP et le PDES. Reste à associer l’Assemblée nationale, le Haut conseil des collectivités et la société civile à tous les niveau de la conception et de la mise en oeuvre de ces politiques.

Soulignant que le Mali est un pays pauvre confronté à de nombreux défis, Abou-Bakar Traoré a rappelé que notre pays a pris des engagements, à l’instar de toute la communauté internationale, pour pouvoir atteindre en 2015, un certain nombre d’objectifs fondamentaux appelés Objectifs du millénaire pour le développement qui concernent tous les domaines de développement (santé, éducation, alimentation etc.).

« En 2015, nous devrons vivre dans un monde débarrassé de l’extrême pauvreté, où tous les enfants vont à l’école, où tout le monde a accès aux soins de santé primaires, à l’eau potable ». Des objectifs très ambitieux. Au regard de la faiblesse de nos ressources propres, l’appui de la communauté internationale est capital.

Evoquant la nécessité d’accroître le volume de l’aide et son optimisation afin de la rendre plus efficace, le ministre a cité les grandes rencontres internationales organisées sur la question et au cours desquelles, la communauté internationale s’est engagée à accroître le volume de l’aide. Les pays partenaires, comme le Mali, se sont engagés de leur côté à générer plus de ressources pour financer leur développement.
Toutes les parties se sont accordées sur d’un certain nombre de grands principes à respecter pour que l’aide gagne en efficacité.

Michel Reveyrand-de-Menthon a saisi l’opportunité pour saluer les efforts de notre pays et les rapports de confiance qu’il a su établir avec ses partenaires. Le diplomate a souligné la qualité de ces rapports en faisant remarquer que l’UE est le premier partenaire du Mali en matière d’aide au développement.

Les partenaires ont, pour leur part, adopté un code de conduite pour mieux répartir le travail et coordonner leurs actions. Cette approche est pertinente surtout pour notre pays qui reçoit beaucoup d’aide, a constaté l’ambassadeur français en notant que la réunion de Bamako a été très ouverte et très partenariale. Elle a enregistré aussi la participation de la société civile et des députés.


Un engagement commun réaffirmé

CA l’initiative du gouvernement et des facilitateurs de l’Union européenne (France et Pays-Bas), une réunion consacrée au suivi du forum d’Accra sur l’aide publique au développement et à « l’appropriation de l’aide et la division du travail » s’est tenue, jeudi dernier à Bamako.

Les travaux qui se ont déroulés dans la salle de conférence du Musée national étaient présidés par le ministre des Finances, Abou-Bakar Traoré. La réunion s’est penchée sur l’appropriation et l’utilisation des systèmes nationaux et la prévisibilité de l’aide. Ces thèmes ont été présentés par la partie malienne. Les secteurs de la santé et de la décentralisation ont fait l’objet d’études de cas.

La partie européenne a détaillé les résultats obtenus au forum d’Accra en matière de division du travail et de pratiques visant l’amélioration du dispositif d’harmonisation de l’aide. Elle a fait des propositions concrètes visant une meilleure concentration sectorielle de l’aide reposant sur les autorités maliennes.

Les participants ont salué la Stratégie commune d’assistance pays (SCAP) et souhaité sa prochaine finalisation. Par ailleurs, un accent particulier a été mis sur certains principes propres à apporter plus d’efficacité à l’aide : appropriation démocratique, division du travail et complémentarité, prévisibilité, approches sectorielles, responsabilité mutuelle, importance de l’échelon local de développement et de gouvernance.

Les deux parties ont également convenu de renforcer leur engagement par rapport à des priorités comme l’accélération de la division du travail et notamment les coopérations déléguées, une plus grande implication des instances démocratiques et de la société civile, l’amélioration des données statistiques, la mise en œuvre effective du calendrier harmonisé, l’utilisation des systèmes nationaux, la réduction des indicateurs et déclencheurs.

Au sortir de la rencontre, les partenaires européens ont donné l’assurance aux autorités maliennes que les progrès en matière de division du travail n’induiront pas de réduction des volumes d’aide, conformément au Code de conduite sur la complémentarité et la division du travail. Un document en cohérence avec la SCAP, formulant des intentions et engagements communs en matière d’appropriation sera adopté.

F. MAÏGA

24 Novembre 2008