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Depuis plusieurs mois, l’école malienne est en panne. L’année blanche se dessine dans la mesure où depuis octobre, aucun établissement secondaire n’a procédé à une évaluation et certaines facultés de l’Université de Bamako n’ont même pas débuté les cours à ce jour.

Au même moment, des bandits armés se signalent dans la région de Kidal avec comme corollaire l’utilisation des mines anti-personnel et de prises d’otages militaires avec de lourdes menaces sur l’intégrité territoriale du pays.

A ces deux problèmes est venue se greffer ce qu’il convient d’appeler la vie chère. Les prix des denrées de première nécessité ont pris l’ascenseur tandis que les salaires restent inchangés.

C’est dire que la période actuelle est la plus difficile pour ATT depuis son avènement au pouvoir en 2002. C’est donc durant ce temps qu’il a besoin de ses amis politiques pour sensibiliser et expliquer aux Maliens la situation que traverse notre pays à l’instar de nos voisins.

Mais, voilà qu’ils ont brillé par un silence radio. Ni l’ADEMA, ni l’URD, ni les autres ne sont visibles aux côtés du président de la République pour l’aider à surmonter cette situation qui, on l’espère, est passagère.

Les formations politiques, qui prétendent le soutenir, n’ont même pas rédigé une déclaration de soutien encore moins émettre de propositions de sortie de crise, contrairement à l’opposition, notamment le RPM et le PARENA.

Le parti des tisserands a même organisé un débat sur l’école et a formulé une kyrielle de propositions. De même, il a donné son point de vue sur la situation dans la région de Kidal, en désapprouvant la méthode actuelle préconisée par le pouvoir.

Le parti du Bélier blanc, considéré comme une formation politique de propositions, a, de son côté, tenu un atelier sur la vie chère et a formulé des propositions de solution parmi lesquelles l’installation d’un Conseil national des prix, le développement des cultures de contre-saison, l’incitation à la consommation de la production nationale, l’augmentation de façon substantielle de la production de riz.

C’est dire que l’opposition joue sa partition mieux que ceux qui gravitent autour du pouvoir. ATT est donc un homme seul. Quand il y a la ripaille, ses amis sont nombreux, la cour s’élargit et durant la période des vaches maigres, tous se retirent sur la pointe des pieds, croisent les bras et se transforment en spectateurs. A tel point qu’ils donnent l’impression de vouloir que le bateau Mali tangue.

Oui, ce bateau est en train de tanguer et au rythme où il va, si les amis politiques de Koulouba ne viennent pas rapidement au secours, il pourrait bien chavirer. Et ATT ne serait pas le seul responsable de la nouvelle donne. Que Dieu nous en préserve !
Ceux qui ont mangé et bu avec lui, et qui continuent de le faire, en seraient également comptables. Le peuple saurait les juger au moment venu.

En attendant, il est politiquement peu correct, qu’en cette période de difficultés de tous ordres que vit notre pays que les partis de l’ADP et en première ligne l’ADEMA et l’URD soient incapables de manifester leur soutien à ATT.
Ces deux formations politiques, au lieu d’aider à la résolution des problèmes brûlants, préfèrent déjà se lancer dans la campagne des communales de 2009 et la présidentielle de 2012.

Le président Dioncounda Traoré n’a-t-il pas dit que l’ADEMA gagnera les communales prochaines et présentera son propre candidat pour Koulouba 2012 et gagnera cette élection ?

L’URD, pour sa part, n’a jamais fait mystère du cas de son candidat naturel, Soumaïla Cissé.

Ainsi, les deux partis se rivalisent en cérémonies d’adhésion de nouveaux militants, conjuguant déjà ATT au passé composé. Cette atmosphère rend difficile la gestion du pays étant entendu que ces deux partis occupent une place centrale sur l’échiquier politique.

ATT a donc le devoir impérieux de rappeler ses amis à l’ordre et au travail, condition sine qua non pour lui permettre de terminer son mandat en beauté.

A suivre.

Chahana TAKIOU

23 avril 2008.