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Ils sont nombreux, ces professeurs certifiés, qui occupent de hautes fonctions dans l’administration publique. Formés pour enseigner, ces professeurs préfèrent les postes juteux de l’ad­ministration publique au détriment des établisse­ments scolaires. Ainsi, nos établissements se vident de ceux-là qui ont reçu une formation pour les animer. La plupart de ces professeurs délaissent la craie pour se réfugier dans les bureaux douillets des administrations.

Ce phé­nomène de plus en plus fréquent semble être encouragé par les poli­tiques. Les multiples primes à savoir les frais de mission, les heures sup­plémentaires sont autant d’avantages qui poussent ces cadres à rapidement troquer la tenue d’ensei­gnant contre la veste de bureaucrate.

Cependant, s’il n’est pas interdit à un enseignant de se retrouver dans les bureaux, il existe des textes qui réglemen­tent la chose. Ces textes posent un certain nombre de conditions en vertu desquelles un poste peut-être octroyé à un ensei­gnant dans l’enseigne­ment public lorsque celui-ci est victime d’une patho­logie qui réduit ses capaci­tés à enseigner.

Cette condition n’est mal­heureusement pas respec­tée dans notre pays. Et quand bien même ces enseignants prétendent souffrir d’une pathologie pour se retrouver dans les bureaux, il n’est pas rare de les voir continuer leur métier d’enseignant et cette fois-ci, dans les éta­blissements privés.

Ainsi, ils perçoivent en plus de leur salaire, dans l’admi­nistration publique, les revenus des heures de cours données dans ces écoles privées. Pendant ce temps, ce sont les ensei­gnants peu qualifiés qui dispensent des cours dans les lycées et collèges publics. Résultats, le faible niveau des appre­nants et le fort taux d’échecs qu’on enregistre lors des différents exa­mens de fin d’année. Par ailleurs, les cadres tech­niques formés pour exer­cer dans l’administration publique restent sous-employés.

Cette situation est née des nominations en casca­de qu’on observe dans nos ministères après chaque remaniement où l’on pri­vilégie des amis au détri­ment des cadres formés pour l’administration. C’est le moment pour le premier magistrat du pays de mettre les pendules à l’heure en invitant les professeurs qui se trouvent dans les ministères et qui voient mourir l’école malienne à retourner à leur fonction de base. Ceci permettra d’améliorer la qualité de la formation dispensée aux apprenants dans les écoles.

Le premier magistrat du pays doit avoir une idée sur ce slogan « l’hom­me qu’il faut à la place qu’il faut« . Ainsi invité, les ministres du prochain gouvernement doivent prendre des mesures en vue de la remise à niveau de ces enseignants qui seront réintégrés. Il n’est un secret pour personne que lorsque vous aban­donnez pendant long­temps un métier et que vous décidez de renouer avec, il se dresse devant vous des montagnes d’obstacles.

Gnimadi Destin

13 septembre 2007.