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Depuis de vingt ans l’école malienne est malade. Et on a vécu toutes sortes d’années scolaires: blanches, facultatives et récemment une année jaune. Pire, les programmes ne sont pas respectés à 100%. Autrement dit, depuis plusieurs années, les élèves et étudiants n’ont pas observé une année scolaire complète.

Cela pour plusieurs raisons: grèves des syndicats d’enseignants, des élèves et étudiants. Et malgré les négociations, la situation reste critique.

Les doléances et les efforts des gouvernements

Il faut rappeler que les autorités successives ne ménagent aucun effort pour sortir l’école de cette crise. C’est pourquoi l’ancien Premier ministre M. Ousmane Issoufi Maïga a organisé une tournée dans l’ensemble des régions pour une école apaisée et performante. Une commission pour une école apaisée et performante a été même mise en place regroupant tous les partenaires de l’école. Et malgré tout la situation va de mal en pis.

Présentement des syndicats d’enseignants refusent de faire une concession et exigent l’application des doléances ou rien. Le gouvernement, pour sa part, a démontré qu’il ne peut pas satisfaire toutes les doléances. Sur 37 points de revendications, le gouvernement a accepté 27. Aussi, il faut appeler que l’ancien ministre de l’Education Nationale feu Mamadou Lamine Traoré a passé tout son temps à résoudre des crises de sa nomination jusqu’à sa mort.


A qui profite la crise?

En faisant une analyse de la situation, on se demande si la crise n’est pas organisée. Puisque généralement, on évoque dans les milieux politiques qu’un petit parti ne peut gérer le département de l’Education. Comme s’il faut nécessairement des hommes politiques pour diriger l’école malienne. Il faut rappeler que le ministère de l’Education est un département stratégique pour les hommes politiques et chaque formation politique souhaite l’avoir.

Car, c’est à travers ce seul département que les partis politiques peuvent réaliser leur rêve, c’est à dire couvrir l’ensemble du pays. Lorsqu’on sait que c’est le ministre qui nomme les directeurs des académies, des centres d’animations pédagogiques qui, à leur tour, nomment les directeurs d’écoles. Et ces directeurs d’académies, des centres d’animation pédagogique disposent des budgets de fonctionnement et ont la possibilité d’implanter leur formation politique à travers le pays.

Et il suffit qu’une élection se déclenche pour que ces chefs de services donnent le mot d’ordre aux directeurs d’écoles. En tout cas, les acteurs politiques doivent comprendre que l’école est l’avenir de notre pays et que son développement en dépend.


Dado CAMARA

28 Juillet 2008