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En principe, ce mardi matin (26 février 2008), la Fédération de l’éducation nationale ( FEN) démontre son mécontentement à travers une marche de protestation face à l’enlisement des négociations qu’elle a entamé avec le gouvernement. Les marcheurs partiront de l’école Sainte Thérèse dans la matinée pour se rendre devant le ministère des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique.

Pourtant, il y a un peu plus d’une semaine les deux parties s’étaient séparées dans un climat de confiance qui ne laissait point penser à une telle escalade. C’était la première étape d’un dialogue censé se poursuivre autour des doléances du syndicat.

Du côté des enseignants, le ton était assez dur mais on était loin de la présente radicalisation de la position du syndicat. Plusieurs doléances ne faisant pas l’objet d’un compromis n’étaient pas à l’ordre du jour de la dernière rencontre entre les protagonistes. Les autorités en charge de l’éducation avaient tenu seulement à discuter avec la FEN des doléances qu’ils jugent négociables. Au grand dam de la délégation syndicales qui ne supportaient pas la mise à l’écart d’une partie de leurs doléances.

C’est l’impossibilité de pouvoir introduire ces revendications dans les négociations qui aurait conduit la FEN à vouloir battre le pavé ce matin pour se faire entendre. Parmi les sujets évoqués, il y a des revendications qui tiennent à coeur aux syndicalistes. Youssouf Ganaba, le secrétaire général de la FEN, a été prié de ne pas en parler lors de sa dernière rencontre avec le département des enseignements. Mal lui en a pris apparemment. Mais il ne veut plus s’asseoir à table avec le gouvernement si ce n’est pour parler aussi de 7 importants points de revendications qui font d’ailleurs l’objet de la marche de ce matin. Pourtant, il était attendu au ministère après avoir consulté sa base.

En tête de ces revendications auxquelles s’accroche la FEN, il y a l’octroi d’une indemnité de logement. On se souvient que, dans sa réponse aux doléances des enseignants, le gouvernement malien a purement et simplement rejeté cette doléance. L’argument avancé pour justifier ce refus est que « l’incidence financière de cette revendication n’est pas maîtrisable d’autant plus que tous les ordres d’enseignement, partant tous les fonctionnaires et agents de l’Etat, seront fondés à demander le bénéfice de cette indemnité ».

La finalisation de la relecture de la convention de l’enseignement privé catholique fait aussi partie des doléances que la FEN souhaite maintenir dans les discutions. Pour le gouvernement « il n’est pas opportun de saisir le Conseil des ministres du dossier, comme le demande le syndicat mais plutôt encourager davantage les deux parties à renouer le dialogue pour parvenir à une convention collective consensuelle ».

Youssouf Ganaba et ses collaborateurs n’ont pas pu non plus parler de « la prise en compte des augmentations accordées aux enseignants fonctionnaires (augmentation de la grille des catégories B1 et B2 de la fonction publique et augmentation de la valeur du point indiciaire). Le gouvernement estime que l’évaluation financière de la prise en compte de la révision de la grille des catégories B1 et B2 au bénéfice des contractuels, soit 5,8 milliards FCA pour les deux réajustements de 2007 et 2008, n’est pas supportable».

En contre partie, l’Etat a proposé l’intégration des contractuels à la fonction publique des collectivités. Le hic, c’est que la FEN a une peur bleue de la fonction publique des collectivités. Les enseignants estiment qu’elle n’offre aucune sécurité professionnelle. Il y a longtemps que les enseignants n’avaient pas marché pour leurs doléances. On se pose donc la question de savoir comment le peu de confiance qui régnait entre le gouvernement et les syndicats enseignants s’est subitement dégradé. La réponse est claire : les protagonistes de la crise scolaire et universitaire ne se sont jamais fait confiance.

Soumaila T. Diarra

26 Février 2008.