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M. Mountaga Dembélé est un maître du second cycle à la retraite depuis 1991. Il a inscrit ses enfants dans des écoles publiques et privées. Pourtant, il estime que l’enseignement dans les écoles privées a toujours été meilleur que celui des écoles publiques.


Il explique cette situation:
“l‘arrivée des prêtres chrétiens, depuis le temps colonial, a été à la base de la création des écoles privées. Leur objectif était de former des cadres convertis dans leur religion.

Les écoles publiques étaient rares. C’est ainsi qu’avec le colon, des lycées privés ont été créés: Askia, Thérasson de Fougères, Prosper Camara, l’Ecole de la cathédrale, le cours Jeanne d’Arc, le lycée Notre dame du Niger. Après le régime de Modibo Kéita et pendant celui de Moussa Traoré, on a mis en place des écoles publiques en nombre sous tendues par la politique de l’enseignement de masse et de qualité. Il fallait former des cadres rapidement.

Mais de tout temps, a expliqué M. Mountaga Dembélé, l’enseignement a été meilleur dans les écoles privées réservées à une classe bourgeoise puisque les pauvres ne pouvaient inscrire leurs enfants dans ces écoles”. Il a indiqué que très vite, l’ancien président Moussa Traoré a été en butte au problème des salaires. La Banque Mondiale, a-t-il précisé, a imposé la privatisation et l’ajustement structurel.

Cela a accentué la profusion des écoles privées. M. Dembélé a ajouté: “1800 enseignants de tous les corps sont partis L’Etat ne pouvait plus payer ses cadres. Il fallait créer des écoles de base, des écoles communautaires.

Le problème demeure jusqu’à présent”. Malgré tout, il a tenu à préciser qu’aujourd’hui, avec l’accroissement de leur nombre, beaucoup d’écoles privées ont des difficultés financières. Il a laissé entendre: “les parents d’élèves ont des difficultés à inscrire leurs enfants dans des écoles publiques à plus forte raison dans les écoles privées”.

L’Etat a, selon lui, créé une société à deux classes où les enfants inscrits dans les écoles privées sont avantagés par rapport à leurs camarades du public. M. Mountaga Dembélé lance un appel au gouvernement pour, dit-il, corriger les lacunes : “ tout le monde se plaint du bas niveau de l’école malienne. La situation persiste depuis 1991 avec les premiers départs volontaires de 2165 enseignants.

C’est la cause du bas niveau de l’école. Je demande donc au gouvernement de reprendre ces cadres qui sont partis pour qu’ils soient des formateurs, des encadreurs, des contractuels avec les jeunes enseignants”. Il propose que l’Etat leur accorde des contrats de cinq ans.


Baba Dembélé

27 Juin 2008