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Les rideaux sont tombés, vendredi 9 mai, sur les travaux du forum de réflexion des femmes sur l’école. A l’issue des travaux qui se sont déroulés sur deux jours, les femmes ont élaboré une série de recommandations qui s’adressent, à la fois, aux enseignants, aux élèves-étudiants, aux parents d’élèves et au gouvernement.

Au cours des deux jours de réflexion, beaucoup d’interrogations et de propositions de réponses ont été formulées.

S’agissant d’abord de la proposition destinée à sauver l’année scolaire en cours, il a été question de renouer le dialogue entre le gouvernement et les syndicats à travers la médiation des femmes.

Il s’agit ensuite de fixer de nouvelles dates des évaluations en fonction des résultats de cette médiation. Il s’agit également de la deuxième évaluation au niveau des écoles privées de l’enseignement secondaire, technique et professionnel. De rencontrer la COSES pour renouer le dialogue.

Informer largement le public malien sur la crise. Payer à temps, les bourses et salaires tout en impliquant le Conseil National des Jeunes (CNJ) pour sensibiliser les élèves et étudiants.

Parmi ces propositions de sortie figurent en bonne place des mesures à moyen et long termes.

A ce niveau, il a été question renforcer l’éducation civique et morale et la morale professionnelle. Il s’agit, en outre, de rétablir une atmosphère de confiance entre les élèves et les enseignants d’une part et, de l’autre, entre ceux-ci et l’administration scolaire.

De même il faut de restaurer la discipline avec rigueur et fermeté tout en veillant au respect du règlement extérieur et à dépolitiser l’école,

Par ailleurs, les femmes ont exhorté les enseignants à la modération dans les revendications, au respect du droit de l’enfant à l’éducation, à renoncer définitivement à la rétention des notes, à la non-évaluation et au boycott des examens comme moyens de lutte.

Elles ont également demandé de faire preuve de patriotisme et de modération en mettant l’intérêt général au- dessus des intérêts corporatistes.

Quant aux élèves étudiants, la persévérance dans leur attitude actuelle qui consiste à revendiquer tout en restant en classe a été bien appréciée par les femmes. Il leur a, cependant, été demandé de respecter le règlement intérieur de l’école ;

refuser de suivre et de soutenir les perturbateurs et d’éviter de confondre leurs revendications avec celles des enseignants.

Les femmes ont demandé à leurs mères et sœurs de sensibiliser et informer l’opinion publique nationale sur les problèmes que connaît l’école malienne. Sensibiliser et communiquer avec tous les acteurs de l’école, notamment avec la COSES, l’AEEM afin que le dialogue prévale.

Elles leur a aussi demandé de changer de comportement en restant le plus longtemps possible auprès des enfants pour mieux les conseiller.

S’impliquer dans la résolution de la crise à travers l’utilisation des relations interpersonnelles comme moyens de conseil, d’information et de communication.

En ce qui concerne le gouvernement, les femmes recommandent de restaurer l’autorité de l’Etat, d’élaborer un plan de carrière pour le personnel enseignant, responsabiliser le niveau régional dans la gestion de la crise.

Il s’agit aussi de continuer la négociation avec les syndicats et de mettre en place un mécanisme permettant la mutation des enseignants contractuels après un certains nombre d’années d’exercice. Il s’agit, enfin, d’appliquer les conventions internationales de protection des droits de l’enfant.

Ce paquet de mesures prend en compte l’impératif de mettre les enseignants, les élèves et les étudiants dans les conditions idoines de travail et l’étude.

A l’issue des travaux, il a été question de la mise en place d’un organe consultatif aux niveaux national, régional et local présidé par le ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.

F Mah THIAM DOUMBIA

13 Mai 2008