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Depuis deux jours, les parents d’élèves assistent impuissamment à l’absence non justifiée de certains enseignants dans les classes. Motif : la plupart d’entre eux participent à la formation des assesseurs et présidents de bureau de vote.
 
 « Notre maître est en formation. Depuis hier il ne vient pas », nous a confié un élève de l’école fondamentale de Badalagoubou qui retournait à la maison vers 9 heures. Selon Moussa Touré, au moment où certains de leurs camarades sont en classe, eux, leurs professeurs de français et de biologie sont absents. « Depuis deux jours ils ne viennent pas. Donc on a profité de ce temps libre pour rentrer à la maison », ajoute un de ses camarades de classe apparemment content de ce « petit congé ».
Le constat est le même dans les autres quartiers de la Commune V du district de Bamako. Dans les rues les élèves sont partout. Certains rentrent chez eux tandis que d’autres vagabondent.

Un parent, mécontent de ce congé injustifié, a décidé d’aller se plaindre à l’école. « Je ne peux pas accepter que mon enfant retourne à la maison deux fois de suite. C’est inadmissible », s’exclame Mme Touré Aissata Kanté. Et de préciser : « S’il veulent participer aux élections c’est normal. Mais, qu’ils n’hypothèquent pas l’avenir de nos  enfants. Mon fils est en neuvième année, il a besoin de plus d’exercice et de cours avant les examens. En plus des grèves, s’ils s’absentent pour les élections aussi c’est lamentable ».

Joint pas nos soins, Ségné Sangaré, un psychologue scolaire, explique qu’un enseignant ne doit jamais abandonner son poste pour ces genres de formations. A ses dires, cela est simplement contraire à la morale et doit être puni par les directions. « Normalement, les partis politiques doivent organiser ces formations les week-end. C’est aux académies de prendre leurs responsabilités à défaut, les parents doivent se mobiliser», ajoute-t-il.  

D’un constat général, un enseignant de l’école publique de Kalaban Coura a expliqué que plusieurs enseignants fonctionnaires ou des collectivités sont assesseurs ou présidents de bureau. « Jusqu’à la fin des élections, on aura des cas d’absence dans toutes les écoles », indique-t-il sous couvert de l’anonymat.

Sory I.  Konaté

15 Novembre 2016
©AFRIBONE