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La coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (COSES) décline l’invitation du premier ministre sur le sursis des doléances qui n’ont pas fait l’objet d’accord avec le gouvernement. Elle a maintenu son mot d’ordre de rétention des notes, de non évaluation et de boycott de toutes les compositions jusqu’à la satisfaction de ses doléances, au cours d’une conférence de presse, hier.

La situation scolaire reste toujours tendue au niveau de l’enseignement secondaire. Le bras de fer engagé entre le gouvernement et la coordination syndicale n’a pas encore connu son épilogue après 6 mois de tractations. Le syndicat a entamé un mot d’ordre de rétention des notes et un boycott de tous les évaluations respectivement le 12 novembre et le 10 décembre 2007.

Cette décision a été marquée par trois grèves de 48 heures entre novembre 2007 et fin janvier 2008 ainsi qu’une grève de 72 heures en décembre 2007. Pour rappel, les syndicalistes demandent l’octroi d’une indemnité de logements aux travailleurs de l’enseignement secondaire ; la levée des obstacles juridiques concernant la promotion, la formation et le détachement des enseignants contractuelles ; la relecture de l’article 60 de la loi d’orientation sur l’éducation ; la rémunération de l’évaluation de la formation modulaire ; le paiement avec rappel de l’indice financière de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2007 ; l’application correcte des décrets portant cadre organique des académies et des centres d’animation pédagogique.

Les différentes initiatives engagées pour décrisper la situation se sont tous soldées par un échec. Récemment, à la suite d’une concertation des différents acteurs et partenaires de l’école malienne, le 18 mars dernier, la primature avait demandé aux syndicats d’enseignant d’observer un moratoire de cinq mois sur leurs points de revendication qui n’ont pas fait l’objet d’accord avec le gouvernement.

Ce moratoire devrait permettre l’organisation d’un forum sur la situation scolaire et universitaire. Et la COSES a tenu à réitérer son mot d’ordre de rétention des notes, de non évaluation et de boycott de toutes les compositions au cours d’une conférence de presse tenue le 2 avril dernier à l’Ecole centrale pour l’industrie, le commerce et l’administration (ECICA).

« Tout le monde est conscient de la situation scolaire, mais le problème est que l’Etat ne traduit pas ses engagements en actes concrets », a souligné Tiémoko Daou, secrétaire général du COSES. Il a indiqué que le forum va certainement se pencher sur la situation générale de l’école et non sur les problèmes de la COSES.

Les syndicalistes soutiennent que le gouvernement a une volonté délibérée de plier les accords du 17 juillet 2007. Il s’agit, en fait, d’accords intervenus entre la coordination syndicale et le gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga qui s’était engagé à accorder une suite à quatre points sur les sept.

Une rencontre des deux ministres en charge de l’éducation, Amadou Touré et Mme Sidibé Aminata Diallo et celui de l’administration territoriale et des collectivité locales, Kafougouna Koné, avec les partenaires sociaux de l’école, le 4 février dernier, avait retenu, dans un document « réponses aux partenaires sociaux de l’école », deux points du Coses pour réserver une suite ignorant l’accord du 17 juillet 2007.

« Pour nous, ce document n’est qu’une déclaration d’intentions », a indiqué Tiémoko Daou, secrétaire général de la COSES. Selon les syndicalistes, l’indemnité de logement a été ignorée par le gouvernement.

« Nous déplorons l’irresponsabilité de l’Etat malien », a déclaré le secrétaire aux revendications, Mahamadou Koné, estimant que la question de l’école n’est pas une priorité du gouvernement.

Seydou Coulibaly

03 avril 2008.