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Après un premier report au mois de janvier dernier, les élèves des lycées et des écoles techniques professionnelles devaient officiellement commencer les compositions du premier trimestre le lundi dernier pour terminer le 20 de ce mois. Malheureusement, la décision prise par le gouvernement à travers le ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique vient d’être mise en cause par les professeurs et les élèves. Depuis lundi, les différents établissements sont complètement vides d’élèves.

Incontestablement, l’instruction donnée par le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, Amadou Touré, aux responsables d’établissements pour qu’ils fassent les compositions a été désobéie par les professeurs et élèves. Du coup, le lundi (quelques jours seulement après l’annonce de la date des compositions), les responsables de l’AEEM de la plupart des lycées et écoles techniques professionnels ont décrété des grèves pour protester contre la décision du ministre. Certains ont décrété une semaine, d’autres 72 ou 48 heures.

Malgré tout, le même ministère a fait sortir le mardi 11 mars une autre décision dans les différents établissements qui stipule que : «les dates de déroulement des compositions sont fixées du 10 au 22 mars 2008 aux heures normales de cours. En conséquence les cours ordinaires sont suspendus pendant cette période». Cette décision a réconforté les élèves. Car, même s’ils venaient à l’école, les professeurs sont en grève de non évaluation depuis le 10 décembre 2007. Aussi, elle (décision) a amené les établissements qui faisaient en même temps les compositions et les cours ordinaires d’arrêter les cours.

Toute chose qui a forcément provoqué un congé anticipé pour les élèves. Ceux-ci ne font plus ni les cours ni les évaluations. Or, officiellement les congés de Pâques sont prévus du 24 mars au 7 avril suivant décision N°07-03086/MESSRS. Le secrétaire général du Sypces, Tiémoko Dao, que nous avons rencontré à l’ECICA a fait savoir que l’arrêt des cours n’est nullement la faute des syndicats d’enseignants. Selon lui, il atteint les enseignants mêmes parce qu’ils n’évaluent pas, il faut les empêcher de dispenser des cours.

Pour Tiémoko Dao, la grève de l’AEEM n’a rien à voir avec leur non évaluation. Car soutient-il : “les professeurs ne sont pas en grève, mais n’évaluent pas depuis le 10 décembre et n’évalueront pas tant qu’il n’y aura pas de compromis entre nous et les autorités scolaires. C’est-à-dire vider le protocole d’accord signé entre nous et l’ex-Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga le 17 juillet 2007”.

En substance, il s’agit de satisfaire les quatre points de revendications à savoir l’octroi d’une indemnité de logement à tous les travailleurs de l’enseignement secondaire, la levée des obstacles juridiques pour les professeurs contractuels de l’enseignement secondaire, la relecture de l’article 60 de la loi d’orientation sur l’éducation, le paiement de l’incidence financière de l’augmentation de la valeur indiciaire à compter du 1er janvier 2007. «Quand la solution sera trouvée à nos préoccupations, nous évaluerons même demain», a déclaré le secrétaire général du Sypces.

Hadama B. Fofana

13 Mars 2008.