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La Coordination des Syndicats de l’Enseignement Secondaire (COSES) a tenu une Assemblée générale, le 10 avril, pour réitérer à ses militants sa position de non-évaluation et de rétention des notes. Soulignant que le gouvernement actuel est dans l’incapacité de gérer cette situation, des militants ont demandé la démission du Premier ministre Modibo Sidibé.

Au moment où l’année scolaire tire vers sa fin, les syndicats d’enseignants et le gouvernement durcissent leurs positions mettant la population dans une attente désespérée. En effet, depuis novembre et décembre dernier, la coordination syndicale a lancé un mot d’ordre de rétention des notes et le boycott de toutes les évaluations. Cette décision a été suivie par quatre grèves dont trois de 48 heures entre novembre 2007 et fin janvier 2008 et une de 72 heures en décembre 2007.

Cette situation s’explique par le manque de suivi d’un accord intervenu entre la COSES et le gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga le 17 juillet 2007. Accord que le gouvernement de Modibo Sidibé n’a pas reconnu. Pour rappel, les syndicalistes demandent l’octroi d’une indemnité de logement aux travailleurs de l’enseignement secondaire ; la levée des obstacles juridiques concernant la promotion, la formation et le détachement des enseignants contractuels ; la rémunération de la correction des copies ; le paiement avec rappel de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2007, etc.

Tous les acteurs s’accordent à reconnaître que la situation au niveau de l’enseignement secondaire public est effectivement préoccupante au sein d’une école malienne en agonie. Les différentes initiatives engagées pour la décrispation de la situation scolaire se sont jusque là soldées par des échecs. A moins de trois mois de la fin de l’année scolaire 2007-2008, l’incertitude plane. Les enseignants jurent de ne pas évaluer ni corriger des copies élèves. Et le gouvernement se trouve dans une impasse décisionnelle.

Le 18 mars dernier, le Premier ministre Modibo Sidibé demandait à tous les syndicats d’enseignants, du primaire au supérieur, d’observer un moratoire de 5 mois sur les points de revendications syndicales qui n’ont pas fait l’objet d’accord avec le gouvernement, afin de permettre l’organisation d’un forum national sur la situation scolaire et universitaire. Sitôt, la COSES a refusé cette invitation du Premier ministre, en réitérant ses mots d’ordre de rétention de notes et de boycott des évaluations jusqu’à la satisfaction de ses doléances.

L’assemblée générale du 10 avril s’inscrivait dans un cadre de consolidation de confiance entre les responsables syndicaux et les militants venus de presque de toutes les régions du pays. Les responsables de la coordination syndicale émettent un doute sur l’impact du forum annoncé par le Premier ministre dans le règlement de ses préoccupations et déplorent une «irresponsabilité» de l’Etat.

Les syndicalistes soutiennent que deux sur sept points de revendications ont fait l’objet de «traitement avancé». Il s’agit notamment de la loi du 28 décembre 1999 portant loi d’orientation sur l’éducation, qui a été effectivement adoptée par le Conseil des ministres du mercredi 2 avril dernier et le paiement avec rappel de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2007.

L’inquiétude des syndicalistes se situe dans la non-reconnaissance par le gouvernement du protocole d’accord du 17 juillet 2007. Le gouvernement s’était engagé à donner une suite à quatre points de revendication dont celui d’une indemnité de logement et la levée des obstacles juridiques concernant la promotion, la formation et le détachement des enseignants contractuels. Ces derniers points ont été, en effet, ignorés dans le document de réponse du gouvernement aux partenaires sociaux de l’école du 4 février dernier. Pire, les syndicalistes soulignent que le gouvernement soutient ne pas être au courant d’un tel accord.

C’est donc à travers un scénario incertain que l’année scolaire tire vers sa fin au niveau de l’enseignement secondaire où certains observateurs parient déjà sur une année blanche.

Seydou Coulibaly

Hadama B. Fofana

16 avril 2008.