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Faire un diagnostic de fond de la situation scolaire et universitaire au Mali afin de proposer des solutions de sortie de crise, tel est l’objectif d’une conférence débat organisée le 29 mars dernier par le Rassemblement pour le Mali (RPM) d’Ibrahim Boubacar Keïta. Animé par un professeur de l’enseignement secondaire, Moussa Koumaré, cette conférence a eu tout le mérite d’un colloque sur les défis de l’école malienne depuis l’avènement de la démocratie.

L’importance de cette conférence-débat peut se traduire par la situation encore tendue entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants et d’étudiants, d’une part, et par la qualité des participants à cette conférence, d’autre part.

En effet, d’éminentes personnalités politiques, de leaders associatifs, de responsables syndicaux, de promoteurs d’établissements scolaires et même des diplomates ont participé à cette conférence au cours de laquelle le ministre des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, Amadou Touré, a rassuré qu’il n’y aura pas d’année blanche.

Selon lui, les difficultés au sein des différentes Facultés ou établissements sont en voie d’êtres aplanis. Mais le conférencier, Moussa Koumaré, a soutenu que l’école malienne est aux abois et l’année scolaire 2007-2008 risque d’être une année blanche.

Il faut souligner que le ministre Touré fonde tout son espoir sur l’organisation prochaine, par l’Etat, d’états généraux sur l’éducation au Mali. “Les difficultés sont dues à la persistance des revendications, l’irruption de la politique dans l’espace scolaire, le laxisme de l’Etat, le manque de volonté du gouvernement de recourir à la fermeté, la passivité de la société civile, etc”, a-t-il analysé.

Mais à l’issue de la rencontre, Moussa Koumaré a soutenu une relecture de tous les textes archaïques de gestion de l’école et une diversification des programmes scolaires porteurs d’emplois dont une trame de fond serait surtout des filières courtes. L’organisation et la promotion du secteur privé soutenu par la création d’un fonds de l’éducation seraient, selon le conférencier, salutaires pour l’école malienne.

Les participants ont soutenu que l’école malienne doit adopter certaines valeurs traditionnelles pour décoloniser le système éducatif. Il reste aussi évident que le pays souffre des insuffisances d’équipements et d’infrastructures scolaires et universitaires, le tout soutenu par un manque d’enseignants à la proportion des élèves et étudiants à encadrer.

A l’ouverture de la conférence, le président du RPM, Ibrahim Boubacar Keïta, a souligné que la situation actuelle impose aux acteurs de s’interroger sur l’efficacité des stratégies jusqu’ici mises en oeuvre.
L’ancien Premier ministre Modibo Keïta qui a été modérateur de cette conférence débat a indiqué que l’école malienne est tributaire d’un choix politique et idéologique né d’une conférence de l’UNESCO dans les années fleurs des indépendances africaines qui soutenait l’éducation de masse et non la formation de cadre d’élite.

La crise a été accentuée par le fait que la réalisation d’infrastructures scolaires n’a pas suivi la croissance de la population scolarisable”, a-t-il, expliqué. En fait le ministre Amadou Touré a souligné que son département, conscient de cette situation préoccupante, est à pied d’oeuvre pour la recherche de solutions durables.

C’est pourquoi, nous allons bientôt convoquer les états généraux de l’éducation et le conseil supérieur de l’Education – une Haute autorité de l’école – verra également le jour pour que tout le monde ait voix au chapitre” a conclu le ministre Touré.

Seydou Coulibaly

1er avril 2008.