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marcheecole.jpgLa Fédération de l’éducation nationale (FEN) assure qu’elle croit aux vertus du dialogue et qu’elle continuera à revendiquer par tous les moyens légaux en maintenant le dialogue avec les autorités. La marche de protestation qu’elle a organisée hier entre dans le cadre de cette démarche.

Les marcheurs, tous des militants de la FEN, qu’accompagnaient une foule d’élèves sont partis tôt le matin de l’école Sainte Thérèse située au Quartier du fleuve, pour se rendre au ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique.
A l’aide d’un mégaphone, ils scandaient des slogans relatifs à leurs revendications comme l’intégration des contractuels à la Fonction publique, la relecture de la convention collective de l’enseignement privé catholique.

On a ainsi pu entendre que l’école est une priorité nationale et que sans elle, il n’y pas de développement.
« A bas les innovations pédagogiques sans lendemain !« , scandaient aussi les marcheurs. Encadrés par un impressionnant dispositif policier qui avait pris soin de dégager totalement l’itinéraire de la marche, ils ont arpenté l’avenue Moussa Travélé, la place de l’OMVS puis l’avenue Mamadou Konaté avec de temps à autre une pause pour galvaniser les ardeurs.

C’est à la porte du ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique que la marche a été stoppée par un cordon policier. Un petit moment de tension suivra car les marcheurs refusaient la proposition du cabinet du ministère de recevoir seulement quelques responsables du bureau fédéral de la FEN.

Le secrétaire général Youssouf Ganaba et une poignée de personnes qui avaient pénétré dans la cour du département, revinrent accompagnés du chef de cabinet, Yaya Coulibaly. C’est donc à ce dernier venu représenter le ministre que Ganaba a remis une copie de la déclaration du syndicat, avant d’en faire la lecture à ses militants.

Dans le texte, la FEN attire l’attention des autorités sur les conséquences de la décentralisation sur l’éducation et condamne « la politique de désengagement multiforme de l’État tendant à tuer l’école publique« . La Fédération exige sans délai la relecture de la convention collective de l’enseignement privé catholique, la levée des obstacles juridiques à l’accès des contractuels aux postes de responsabilité et à la formation. Elle demande aussi la mise en place d’un Conseil supérieur de l’éducation et l’octroi d’une indemnité de logement à tous les enseignants eu égard aux exigences spécifiques de leur fonction.

S’adressant au représentant du ministre, le secrétaire général de la FEN a assuré que son mouvement croit aux vertus du dialogue mais qu’il tirera les leçons « du refus » du ministre de recevoir ses dirigeants.

Yaya Coulibaly est revenu sur les apaisements que le ministre Amadou Touré avait déjà donnés il y a une semaine lors de sa rencontre avec les responsables du syndicat.
Youssouf Ganaba a remercié les marcheurs avant de leur recommander de regagner les classes.

Si la FEN a opté pour une marche pacifique, on n’est pas encore fixé sur l’attitude d’Abdou Mallé et de ses collègues du Snesup. Il y a deux jours, les militants de ce syndicat devaient entamer une grève illimitée. Lundi, ils ont rencontré le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique et ses collègues de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, et du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’État.

Selon un communiqué de presse du ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, les trois ministres ont délivré éclaircissements et apaisements aux dirigeants du Snesup sur les poursuites exigées contre les auteurs d’agressions physiques et morales sur le personnel enseignant.

En réponse, indique le communiqué, les responsables du Snesup ont annoncé qu’ils allaient consulter leur base avant de donner une suite aux propositions faites par leurs interlocuteurs.

C. DIAWARA – L’Essor

27 Février 2008.