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Indigné par la persistance des crises au niveau scolaire et universitaire, le Pr Amadou Touré, ministre des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, a laissé entendre, hier 5 février, devant la presse qu’il tenait à aborder sans détour tous les problèmes qui bloquent l’école malienne.

C’est ainsi qu’il a expliqué certains motifs de grève qui sont, à la limite, risibles. Par exemple à la Faculté des sciences juridiques et politiques, l’annulation de la mutation de trois professeurs, un géographe et deux spécialistes de lettres, était parmi les doléances de certains professeurs.

Pour le ministre, le dialogue est la solution pour résoudre les problèmes. Mais si cela ne marchait pas, les choses pourraient prendre une autre voix. «Si le dialogue ne marchait pas nous allons appliquer la loi. Ce n’est pas normal que des enfants innocents soient victimes des retentions de note et du refus des professeurs de faire des évaluations», a-t-il déploré.

En tout cas, des syndicats d’enseignants sont bien décidés à défendre leurs revendications. Alors que le département organisait sa conférence de presse le mardi 5 février pour informer l’opinion nationale sur la crise, des responsables syndicaux se concertaient pour entreprendre d’autres actions.

Il y a d’abord le Syndicat national pour l’éducation et la culture (SNEC). Ce syndicat entend organiser une action de protestation le 26 février pour exprimer sa position. Les responsables du SNEC estiment qu’ils ne se retrouvent pas dans la proposition du gouvernement. « La montagne a accouché d’une souris », affirme l’un d’entre eux.

Dans la même journée, la coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (COSES) préparait un meeting pour le 6 février. C’est pour informer sur leurs revendications qui sont au nombre de sept dont trois sont d’ordre financier et quatre d’ordre juridique. A cette rencontre sont conviés les militants du District de Bamako et de la région de Koulikoro.

Ces réactions syndicales interviennent au moment où le gouvernement entamait les négociations. Le lundi 4 février 2008, les départements ministériels concernés par la crise de l’école ont rencontré les partenaires sociaux. L’objectif était de leur remettre la réponse de l’État aux doléances des différents syndicats d’enseignants.

Les propositions du Gouvernement font suite à une série de rencontres organisées par les ministères des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique et celui de l’éducation de base, de l’alphabétisation et des langues nationales depuis octobre dernier.

Après avoir fait le tour des différents syndicats, lesdits ministères ont élaboré un cahier de doléances de 39 points. Ce cahier a été examiné d’abord par des experts et approuvé par les ministres des départements concernés qui sont le ministère des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, le ministère de l’éducation de base, de l’alphabétisation et des langues nationales, le ministère du travail, de la fonction publique et de la reforme de l’État, le ministère de l’administration territoriale et des collectivités locales et le ministère des finances. Ces propositions ont été soumises à la Primature pour appréciation. Sur les 39 revendications, 27 ont été jugées acceptables par le gouvernement.

Par contre, l’exécutif a jugé irrecevables 12 des 39 revendications. Les doléances rejetées sont essentiellement d’ordre financier, telles que l’octroi d’une indemnité de logement aux enseignants, la prise en compte des augmentations accordées aux enseignants fonctionnaires (augmentation de la grille des catégories B1 et B2 de la fonction publique et augmentation de la valeur du point indiciaire).

Soumaila T. Diarra

Seydou Coulibaly.

06 février 2008.