Partager

C’est une situation vraiment insoutenable que vivent les populations de Kabala. Depuis 1996, date de sa création, l’école fondamentale de Kabala n’a reçu aucun soutien de la part du gouvernement.Le lotissement de la localité devait s’accompagner de l’exécution de plusieurs ouvrages, y compris l’école. Mais, jusqu’à ce jour,rien n’est fait.

Les élèves sont obligés d’arrêter les cours, à chaque fois que la pluie tombe, faute de salles de classe.

Initialement conçue pour servir d’établissement fondamental relativement à l’importance de la population résidant dans la localité, l’école de Kabala reste toujours au stade d’un premier cycle, faute d’infrastructures. Et c’est sous des hangars couverts de nattes que ses 468 élèves prennent les cours.

Malgré l’inexistence de salles de classe digne de ce nom, l’école de Kabala comporte six classes aux effectifs pléthoriques. La première année compte 113 élèves, la deuxième année 84 élèves, la 3e année 50 élèves, la 4e année 97 élèves, la 5e année 70 élèves et la 6e année 70 élèves. Soit un effectif total de 468 élèves.

Malheureusement, depuis sa création en 1996, les cours se tiennent sous des hangars recouverts de nattes. Ceux-ci sont dans un tel état de délabrement avancé que les enseignants sont obligés d’arrêter les cours pendant la pluie.

Le lotissement de la localité en 2002 avait été accéléré pour viabiliser le coin, mais, depuis six ans, cet argent, assure-t-on, dort dans la caisse du cercle de Kati et aucun projet de développement n’a connu même un début de commencement.

Une situation que le chef de village, Daba Traoré, n’arrive pas digérer. «Dire que depuis six ans, la ville est là, mais il n’y a pas d’école ! Pourtant, avant le lotissement, on nous a fait comprendre que c’était une décision du gouvernement pour développer Kabala. Le lotissement a eu lieu en 2002.

Chacun d’entre nous a payé 150 000 FCFA, alors que dans les autres communes, on paye 50 000 FCFA, avec la promesse de viabiliser la localité. C’est à dire doter Kabala de plusieurs ouvrages, y compris l’eau et l’électricité. L’argent est déposé dans un compte à Kati et depuis lors, rien n’est fait. Chaque fois que je saisis le maire, celui-ci me répond que rien n’a été fait».

Le Maire de Kalabancoro, Ibrahima Bamba, reconnaît certes que la situation de l’école de Kabala est préoccupante, mais il donne l’assurance que la mairie est là-dessus. «L’étude de faisabilité est déjà terminée pour la construction de trois salles de classe, une direction et un bloc de trois latrines.

Malheureusement nos fonds sont trop maigres pour exécuter les travaux. Nous sommes obligés de solliciter les fonds de viabilisation du Cercle déposés à Kati. Nous attendons incessamment que Kati débloque les fonds pour entamer les travaux».

La situation que vit l’école de Kabala, selon la directrice, Mme Camara Aïssata Koureichi, ne date pas d’aujourd’hui. «En son temps, le Ministre du développement social, Djibril Tangara, avait été approché. Il a promis de construire trois salles de classes. Malheureusement, il a été relevé de ses fonctions.

Tout récemment, toujours selon Mme Camara Aïssata, exaspérés, les populations de Kabala sont allées voir le préfet de Kati par rapport à la situation actuelle de leur école. Elles devaient ensuite voir le gouverneur, mais celui-ci se trouvait encore à la Mêcque, ce qui fait que leur démarche n’a pas abouti».

Les fonds de viabilisation de Kabala font couler beaucoup de salive. Tout ce que l’on sait, c’est que, selon certaines sources, ‘’ces fonds se trouvent dans un compte à Kati et tenus à la seule discrétion de monsieur le préfet ».

Personne ne connaît ni le montant ni la destination de ces fonds. Quand les populations de Kabala ont demandé le montant au préfet, il leur aurait répondu que ‘’c’était l’une de ses prérogatives ».

A un moment, voyant qu’ils ne pouvaient pas avoir accès aux fonds de viabilisation, les populations avaient proposé de vendre une partie des 40 ha destinés à la place publique et utiliser cet argent pour construire l’école.

Malheureusement, pour eux, c’est la chasse gardée des géomètres. Tous les regards sont désormais tournés vers le président de la République pour, non seulement résoudre, une fois pour toutes, le problème de l’école publique de Kabala, mais aussi aider sa population à débloquer les fonds de viabilisation avant qu’ils ne disparaissent de la Caisse de Kati.

Pierre Fo’o MEDJO

07 Mai 2007