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C’est une très attentionnée et très sensible Jean Michaëlle, Gouverneure générale du Canada, qui a visité l’école de maintien de la paix (EMP) à l’ACI-2000, dans la matinée et qui a remis du matériel didactique à Mlle Haïdara, Premier ministre du gouvernement de l’école de Moribila, dans l’après-midi. C’était le vendredi 24 novembre.

C’est aux environs de 10 heures 30 que le cortège de Son Excellence la Très Honorable Michaëlle Jean, Gouverneure Générale du Canada, a fait son entrée dans la cour de l’école de maintien de la paix.

Passée la revue des troupes, le Directeur des écoles militaires, le Colonel Adama Kanakomo, a souligné, dans son intervention, que «le Canada est une référence pour tout ce qui concerne les opérations de soutien à la paix dans le monde».

Un rappel historique nous apprend qu’au cours de la décennie 90, la prolifération des conflits armés en Afrique a conduit à de nombreuses participations des forces africaines aux opérations de soutien à la paix sur le continent ainsi qu’à travers le monde. D’où la remarque du Colonel Kanakomo : «La volonté des Etats africains de se doter d’une véritable capacité de maintien de la paix devrait donc s’accompagner d’une formation adaptée dans ce domaine».

Un autre fait historique est que le Canada a été le premier pays à partager son expérience avec le Mali par l’entremise du Centre Pearson qui, depuis 1995, dispense des modules en la matière dans les écoles du Centre d’Instruction de Koulikoro.

Par ailleurs, à la construction de la nouvelle école de maintien de la paix, le Canada contribue à hauteur de 710 000 euros, soit plus de 465 millions de Fcfa.
S’y ajoutent les apports de la France, de la Hollande, de la Confédération Helvétique, de la Grande Bretagne, des Etat-Unis d’Amérique et de l’Allemagne.

Le Lieutenant Colonel Jean Perez, Directeur de l’EMP a, pour sa part, expliqué que «l’école apportera des réponses aux besoins spécifiques de maintien de la paix afin que ceux qui en sortiront appliquent les décisions de la communauté internationale sur le terrain». «Elle est spécialisée et conçue pour les Africains. C’est pourquoi il y a des modules de formation des formateurs» a conclu le Lieutenant Colonel.

Après ces interventions, la Gouverneure générale du Canada a eu droit à une visite guidée lors de laquelle elle a beaucoup échangé avec les maîtres de céans.

Autre lieu, autre atmosphère. Dans l’après-midi, les jardins de l’hôtel Sofitel de l’Amitié ont servi de cadre à la cérémonie de remise d’un don de matériels didactiques à l’école de Moribila. Un établissement situé à 80 km de San et qui est lié depuis 2004 à First Avenue, son jumeau d’Ottawa.

Visiblement impressionnée par le courage des responsables du village et de l’école qui ont fait cinq heures de route pour rallier Bamako, la Très Honorable Michaëlle Jean, mère d’une fillette de 7 ans, s’adressera à Mlle Lala Haïdara, 12 ans et Premier ministre du gouvernement de l’école de Moribila en ces termes : «Je suis vraiment touchée par les efforts que vous déployez sans cesse. Je transmettrai vos remerciements et vos salutations à ma fille».


Paul Mben

MICHAËLLE JEAN IMPRESSIONNEE PAR LE MUSEE NATIONAL DU MALI


La Très Honorable, Michaëlle Jean, Gouverneure Générale du Canada, avait dans son agenda, le vendredi soir, la visite au Musée national du Mali. Qui a pour vocation la conservation et la diffusion du patrimoine culturel malien. Son objectif est la préservation de l’identité culturelle nationale et la promotion de la diversité culturelle. C’est un lieu de mémoire de la culture.
Un accueil chaleureux a été réservé par le monde de la culture malienne, toutes catégories confondues, à la Gouverneure Générale du Canada.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré, qui n’avait pas été annoncé, a fait une incursion surprise lors de la cérémonie. C’était vraiment une véritable ambiance avec la voix suave du trio Amy Koïta, Oumou Sangaré et Paye Tounkara.

Ces cantatrices, à travers leurs chansons, ont souhaité la bienvenue à leur hôte, Michaëlle Jean au Mali.

Vu la présence massive de monde, la Gouverneure Générale du Canada a failli tomber, par émotion. «J’avais envie de venir à la rencontre des Maliennes et des Maliens. La visite du Musée est un avant goût avant les autres sites touristiques comme Djenné. J’ai été impressionnée par ce magnifique lieu de culture» a précisé Michaëlle Jean qui a découvert des pans entiers de la culture malienne à travers trois expositions.

Il s’agit du «Mali millénaire» qui a permis de découvrir le riche patrimoine archéologique du Mali. Des guides très expérimentés étaient là pour répondre à toutes les questions. Michaëlle Jean a également visionné le court métrage «Sory, l’enfant de Nyamina» de Souleymane Cissé.

Pour le Directeur national du Musée, Samuel Sidibé «l’objectif est de faire du Musée national, un espace ouvert sur la contemporanéité de la culture malienne en s’éloignant de plus en plus du modèle du musée ethnographique pour donner de la culture malienne une image moderne et créatrice».

Alou Badra HAÏDARA


MICHAËLLE JEAN GOUVERNEURE GENERALE DU CANADA A INAUGURE LA CAISSE NYESIGISO DE LA COMMUNE VI

La consécration de l’appui aux femmes à travers la microfinance

La Très Honorable Gouverneure Générale du Canada, Michaëlle Jean, a commencé sa journée du vendredi 24 novembre par l’inauguration du siège de l’antenne du Réseau des caisses d’épargnes et de crédits Nyèsigiso en Commune VI. La coupure de ce ruban symbolique par le premier responsable de l’Etat du Canada est le couronnement de la coopération entre le Mali et ce pays, à travers l’Agence canadienne de développement international (ACDI) qui est un partenaire privilégié du réseau Nyèsigiso dans son implantation et son extension.

Accompagnée par les ministres des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Moctar Ouane, de la promotion des investissements, des petites et moyennes entreprises, Ousmane Thiam et d’autres hautes personnalités des deux pays, la Gouverneure générale du Canada, dans une ambiance festive avec les femmes et les enfants sortis pour la cause, a procédé à l’inauguration de l’antenne Nyèsigiso de la Commune VI sise à Magnambougou.

Deuxième plus grand réseau de micro finance au Mali, Nyèsigiso a été créé en 1990 grâce à l’appui de Développement International Desjardins du Canada dont elle continue de bénéficier de l’assistance technique.

L’implantation et l’expansion du réseau ont été possibles grâce à la coopération entre le gouvernement du Canada et celui du Mali, à travers un financement de l’Agence canadienne de développement international.

Comme dira le Directeur général du Réseau Nyèsigiso, Modibo Coulibaly, « l’envol, les choix stratégiques et les résultats positifs obtenus sont le fruit d’une bonne collaboration entre les conseillers canadiens et les acteurs maliens« . Ce qui a permis au Réseau d’atteindre plus de 134 000 sociétaires dont 40 % de femmes pour un volume de crédit de 6,4 milliards de FCFA dont 35 % sont accordés aux femmes.

Le réseau intervient dans les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Tombouctou et le District de Bamako et offre à ses sociétaires toute une gamme de produits financiers dont certains sont destinés uniquement aux femmes, unes des couches vulnérables.

Inspirés par des valeurs de solidarité et d’entraide, le Réseau Nyèsigiso, à en croire son Directeur général, est en constante évolution et s’adapte aux besoins de ses clients et de leurs collectivités, d’où la création en février 2006 d’un centre de financement des entreprises (CFE) pour répondre aux besoins de financement des micro entrepreneurs.

Autant dire que l’acte ainsi posé par la Gouverneure générale est le couronnement de ce partenariat fructueux qui accorde une place de choix à l’accès des femmes aux financements, une préoccupation majeure de Michaëlle Jean. Celle-ci a été d’ailleurs très émue par la forte mobilisation des femmes et des enfants à qui elle a promis de s’engager pour que leur rêve (d’éducation, de santé…) puisse se réaliser.

Issue de la fusion de certaines caisses (Sogoniko, Yirimadio, Sénou et Sanankoroboba), la caisse Nyèsigiso de la Commune VI a été constituée dans le cadre d’un vaste programme de transformation et de modernisation du Réseau Nyèsigiso. Cette caisse avec ses deux guichets opérationnels, 21 employés dont 8 femmes, compte 17 796 sociétaires dont 29 % sont des femmes.

De sa mise en service à nos jours, la caisse a à son actif une épargne mobilisée de 800 millions de FCFA et un encours de 250 millions dont 44 % des bénéficiaires de crédit sont des femmes. « Au-delà des chiffres, les services financiers jouent un rôle important dans le développement et la lutte contre la pauvreté. Lorsqu’une institution de micro finance de proximité est mise en place, c’est une porte qui s’ouvre à la majorité de la population » a indiqué M. Coulibaly.

L’attribution du récent prix Nobel 2006 à l’initiateur de la micro finance et le récent sommet sur le micro crédit à Halifax au Canada confirment la place de ce système financier dans l’économie. C’est ainsi que le gouvernement, a rappelé le ministre Thiam, accorde une place de choix au secteur dans la production de la croissance.

Dans cette démarche, notre pays pourra compter sur le Canada. Car selon, Michaëlle Jean, « l’activité de micro crédit est l’un des meilleurs moyens de vaincre les obstacles pour stimuler l’esprit d’entreprise chez les femmes, les jeunes et les hommes qui ne manquent pas de potentialités. Le Canada est fier d’appuyer l’établissement et le renforcement du réseau des caisses populaires Nyèsigiso « .

Pour la Très Honorable Gouverneure générale du Canada, « la micro finance est un outil indispensable pour contrer la paupérisation partout où elle sévit. Elle est une prime d’encouragement à l’initiative dont les bénéfices rejaillissent sur l’ensemble de l’économie et sur l’ensemble des populations« .

Michaëlle Jean qui a eu l’occasion de s’entretenir avec trois femmes membres du réseau s’est rendu compte de leur détermination à améliorer leur quotidien et celui de la famille. Devenues donc entrepreneuses créatrices d’emplois grâce aux micro crédits, ces femmes doivent, aux dires d’elle, servir de source d’encouragement et d’inspiration.

Youssouf Camara

27 novembre 2006.