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Prévue pour être construite à Zambakro (Côte d’Ivoire), l’Ecole de Maintien de la paix a fini par être transférée au Mali, à Koulikoro en juin 2003 suite aux évènements tragiques que vit ce pays depuis 1999.

Le Vice-Amiral d’Escadre Hervé Giraud a d’abord rendu hommage au Général Cheick Diarra mort accidentellement il y a 15 jours. Il a rappelé que depuis 2 ans, la France et le Mali ont décidé de faire revivre l’Ecole de Maintien de la paix.

Si la France s’est tournée vers le Mali c’est à cause de la stabilité qui y règne mais aussi grâce à la participation des forces armées maliennes aux opérations de maintien de la paix en Afrique (RCA, Sierra Leone, Libéria, RDC et en Haïti), a-t-il affirmé. Il a signalé que le déménagement de cette école à Koulikoro était simplement une solution transitoire.

A ses dires, la présente cérémonie au service de la paix et de la sécurité en Afrique est symbolique. Et d’ajouter que par le NEPAD, la création de l’Union Africaine puis de son conseil de paix et de sécurité, par la montée en puissance des organisations régionales, les chefs d’Etat du continent ont décidé d’associer leurs efforts et de promouvoir conjointement la paix et le développement, jetant les fondations d’une nouvelle architecture de paix et de sécurité qui prévoit notamment la Force Africaine en Attente (FAA), cinq brigades sous responsabilité régionale mises à la disposition de l’Union Africaine pour mener des opérations de maintien de la paix. Le Vice-Amiral d’Escadre dira qu’en ce sens, la CEDEAO fut un précurseur avec le déploiement en 1990 de sa force d’interposition au Libéria, l’ECOMOG, 1ère force Ouest-africaine de maintien de la paix.

Pour lui, le concept d’Ecole Nationale à Vocation Régionale (ENVR), initié en 1997, représente l’une des contributions françaises à ces efforts.

Cohérent avec le principe de partenariat et d’appropriation qui fondent la politique de coopération militaire française, le réseau des 14 ENVR soutenues par la France mérite de recevoir un nouvel élan à savoir répondre aux besoins du continent, poursuit-il.

Croyant au bien-fondé des ENVR, la France, en accord avec les pays de résidence, s’efforce de les ouvrir plus largement au partenariat multilatéral seul capable de répondre à l’ampleur du défi posé à l’Afrique, a-t-il soutenu.

Hervé Giraud dira que ces ENVR constituent une base solide sur laquelle tous les partenaires de l’Afrique peuvent s’adosser pour adapter leur soutien et leur propre expertise dans le domaine du soutien à la paix.

Aux dires de notre interlocuteur, l’Ecole de Maintien de la paix du Mali, centre d’excellence de la CEDEAO et de l’UA, constitue un des projets majeurs de la direction de la coopération militaire et de défense française.

Délivrant un enseignement bilingue particulièrement approprié au contexte linguistique de la sous-région, elle se consacre à la formation des Officiers d’Etat-major du niveau tactique pour les opérations de soutien à la paix en Afrique en cohérence avec le KAIPTC d’Accra au niveau opératif et le War College d’Abuja au niveau stratégique, a-t-il affirmé.

Pour le Vice-Amiral d’Escadre français c’est ensemble en complémentarité et non en compétition qu’avancent désormais ces trois écoles afin de devenir les centres d’Excellence sur lesquels peuvent compter la CEDEAO et l’UA.

La paix est et restera un combat de chaque jour. L’Ecole de Bamako sera un instrument exceptionnel à son service”, a-t-il indiqué.

Il a salué et remercié les autres partenaires ayant contribué pour l’édification de l’ENVR du Mali à savoir les Pays-Bas, Le Royaume-Uni, la Suisse, le Danemark, les U.S.A.

Pour le Ministre de la Défense et des Anciens combattants du Mali Mamadou Klazié Cissouma, la paix et la stabilité sont une condition essentielle au développement durable et à l’enracinement de la démocratie.

Selon lui, le Mali et la France en sont convaincus comme d’autres; ils demeurent persuadés que leur réalisation en Afrique, passe par le renforcement des capacités de maintien de la paix, concomitamment à la montée en puissance de l’Union Africaine et des organisations sous-régionales.

Le maintien de la paix implique de nombreux acteurs et s’inscrit de plus en plus dans cadre multinational, a-t-il dit. “L’Ecole de Maintien de la Paix de Bamako s’efforcera d’évoluer pour trouver davantage de compatibilité avec le concept des Forces en attente, développé par l’Union Africaine. Ce qui devrait faciliter les processus de génération de force pour une opération interafricaine.
Le contexte africain actuel montre régulièrement en effet, à quel point la prévention des conflits, la gestion des crises et leur sortie doivent faire l’objet d’une approche plus ambitieuse et globale. Nous sommes rassurés que l’Ecole de Maintien de la Paix de Bamako contribuera pleinement à renforcer l’efficacité des réponses nécessaires
”. a-t-il affirmé.

En effet, après avoir posé la première pierre de la future école de maintien de la paix et visité la maquette, les plans et photos de l’école achevée, le chef d’Etat a laissé entendre : “Nous ne devons pas seulement nous contenter de former les Officiers et Sous-Officiers pour la guerre, mais pour préparer aussi à imposer la paix parce que même la guerre a pour but la paix. Je pense aujourd’hui, que les Sous-Officiers et Officiers du continent qui vont venir au Mali, à côté de leur formation typiquement militaire, recevront également d’autres connaissances qui leur permettront de renforcer leurs capacités dans le cadre du maintien de la paix en Afrique”.

Salifou BANGALI

8 novembre 2005.