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Le samedi 21 Février 2009, la cour du ministère du Logement, des Affaires Foncières et de l’Urbanisme a abrité la cérémonie de commémoration du cinquantième anniversaire de la création de l’Ecole d’Administration du Soudan (EAS).

Une cérémonie qui s’est déroulée en présence des ministres, Mme Gakou Salimata Fofana du Logement, des Affaires Foncières et de l’Urbanisme, du Pr. Amadou Touré des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique, du Secrétaire Général de la Présidence, M. Diango Sissoko, et de membres du Collectif des Anciens Elèves de l’Ecole d’Administration du Soudan…

Pour le Collectif des anciens élèves de cette école, cette cérémonie commémorative était l’occasion, d’une part, d’honorer la mémoire de leurs camarades décédés, et d’autre part, retracer l ’historique de cet institut qui faisait la fierté de notre pays.


Historique de l’EAS

Destinée à la formation et au perfectionnement des agents de l’Administration générale, l’Ecole d’Administration du Soudan (EAS) a été instituée par l’Arrêté N°902 FP du 20 Octobre 1958. L’enseignement dispensé pour une durée de 9 mois comportait des cours théoriques et pratiques.

Ainsi, l’enseignement théorique de 6 mois portait sur des disciplines (entre autres) tel que la culture générale, la démographie et la statistique, la législation financière, la législation du Travail et les leçons de conduite et de dépannage-auto. Et l’enseignement pratique de trois mois se faisait sous forme de stage dans les cercles et dans les directions des services territoriaux.

Le titre de diplômé de l’Ecole d’Administration du Soudan était obtenu par l’élève ayant obtenu une moyenne supérieure ou égale à 12, à l’examen de sortie. De 1958 à 1962, l’école a eu à former quatre promotions avant d’être transformée en Ecole Nationale d’Administration (ENA) le 3 Janvier 1963 et fourni des cadres qui ont fait hier et continuent aujourd’hui encore de faire la fierté du Mali.

Ainsi, la première tâche du gouvernement de la République Soudanaise a été la formation de cadres au titre de l’Administration Générale. Ainsi, des stagiaires ont été envoyés en France, à l’Ecole Nationale de la France d’Outre-Mer à Paris, à l’Ecole Fédérale de l’AOF, à Dakar, et à l’Ecole d’Administration du Soudan, à Bamako.

Simultanément tous ces cadres formés en quatre ans (1958-1962) au bout des cycles accélérés ont occupé les arrondissements, les cercles et les gouvernorats. Pendant la même période, le système administratif mis en place par le régime colonial a été fortement amélioré et décentralisé au grand bénéfice des masses rurales, en rapprochant ainsi l’administration à l’administré. Les subdivisions et les chefferies de province et des cantons ont été supprimées et remplacées par des cercles et des postes administratifs, puis des arrondissements.

Caractéristiques de la 1ère promotion

Selon le Doyen du Collectif des anciens élèves, El Hadj Youssouf Traoré, la première promotion surnommée “Promotion Bulldozer”, dont il faisait partie, s’était fixée comme tâche essentielle et prioritaire d’oeuvrer et de travailler à la tête des arrondissements, des cercles et des régions, tout comme le bulldozer dans les chantiers de construction nationale.

Et le Doyen du Collectif, de faire savoir que sur le plan de recrutement des élèves, la première caractéristique est que cette promotion a dérogé aux dispositions de l’Article 2 de l’Arrêté N°902/FP du 20 Octobre 1958 qui stipule que “les élèves sont recrutés pour moitiés sur concours et sur titre. A titre exceptionnel, tous les élèves de cette première promotion ont été recrutés en conseil de gouvernement, sur proposition du ministre de la Fonction Publique”.

Sur le plan de l’intégration sous-régionale, la caractéristique est que quatre élèves nationaux de la Haute Volta, aujourd’hui Burkina Faso, ont fréquenté cette école au même titre que leur frère du Soudan, a-t-il poursuivi. Sur le plan de l’unité nationale, les élèves ont également été choisis dans toutes les 6 régions. Et sur les 35 élèves figuraient 5 jeunes lycées touaregs titulaires du Baccalauréat.

Le Doyen du Collectif des anciens élèves a enfin indiqué que l’objectif qu’ils visent, à l’issue de cette commémoration, c’est de réussir l’éveil et la prise de conscience des générations montantes, pour la culture de l’excellence, pour le travail bien fait, le tout sous-tendu par le retour à nos nobles vertus ancestrales, en liant toujours le passé au présent, cordon ombilical indispensable pour bâtir l’avenir. Comme pour dire qu’un pays sans passé, sans repère et sans une histoire est un pays qui meurt à coup sûr.

Notons enfin que des certificats de reconnaissance et des photos agrandies et encadrées de la première promotion ont été décernés aux anciens élèves vivants, et à titre posthume, aux anciens élèves rappelés à Dieu et qui sont au nombre de 25.

Quant à la plaque commémorative du 50ème anniversaire scellée à la porte d’entrée de l’Ecole, transformée aujourd’hui au Ministère du Logement, des Affaires Foncière et de l’Urbanisme, elle servira de repère pour les futures générations et de source d’inspiration pour bâtir le Mali d’aujourd’hui et le demain.

Moussa TOURE

24 Février 2009