Partager

La situation (très) préoccupante qui prévaut actuellement au Sahel avec l’occupation des régions nord du Mali, a ceci de positif : elle lève le voile sur les machinations et manœuvres algériennes dans notre pays et la sous-région.

En effet, au lieu de se préoccuper de l’occupation du nord du Mali, l’Algérie, ce pays qui demeure sous la botte d’une poignée de généraux, tente et met tout en œuvre pour empêcher une intervention militaire internationale, dont l’objectif est de libérer le septentrion malien. Au-delà, cette intervention, avec l’aval de l’Onu et l’appui de la communauté internationale, pourrait conduire vers l’éradication du terrorisme au Sahel. Dans cette région, la présence de djihadistes constitue véritablement une sérieuse menace pour toute la sous région.

Une intervention militaire internationale est donc une aubaine non pas pour le Mali seul, mais pour tous les pays de la bande sahélo saharienne, déstabilisée et occupée par des groupes armés depuis des années. Mais, les généraux algériens veulent-ils réellement la fin du terrorisme au Sahel ? Veulent-ils un nord du Mali débarrassé de groupes armés et terroristes venus de l’Algérie? Le pouvoir algérien veut-il une région sahélienne apaisée et sécurisée ? Ce sont là autant de questions que se posent actuellement de nombreux observateurs. En attendant des réponses, le régime

algérien est entrain de se trahir et de dévoiler à la face du monde le jeu trouble qu’il ne cesse de mener le long de ses frontières avec le Mali. Aussi, chaque jour qui passe apporte des preuves accablantes sur l’implication de certains dirigeants algériens dans des activités subversives (trafics de drogue, de cigarettes et d’armes) qui ont fait du Sahel une menace pour la planète toute entière.

En outre, ce n’est guère un mystère : la branche Al-Qaïda pour le Maghreb islamique a été fondée sur les cendres du Gspc (Groupe salafiste pour la prédication et le combat). Celui-ci, avait été fondé en Algérie. Et, de l’avis de nombreux observateurs, ce groupe était une création des services de renseignements algériens. Ceux-ci voulaient avoir avec le Gspc le contrôle sur d’autres groupes armés en activité dans le Sahel. Du coup, la sûreté algérienne entendait étendre son emprise sur le nord du Mali et sur le vaste espace sahélien.

Infiltré par les services algériens, le Gspc a longtemps servi comme pion pour l’exécution de diverses opérations dans leSahel. L’allégeance faite par le Gspc à Al-Qaïda, intervenue il y a quelques années, a ainsi donné naissance à Aqmi. Malgré tout, le régime algérien a continué dans la manipulation avec cette nouvelle organisation. Et aujourd’hui encore, Aqmi, loin d’être une menace pour l’Algérie, sert en réalité certains intérêts inavoués dans ce pays.

Lieu d’insécurité et hanté, le Sahel est alors livré à Aqmi et à des groupes terroristes et/ou de narcotrafiquants dont beaucoup sont contrôlés par les généraux algériens qui profitent largement ainsi du chaos instauré au Sahel et dans le nord du Mali.

C’est pour toutes ces raisons que, sous la pression de ces généraux, le pouvoir algérien n’a jamais été présent dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, contrairement aux tapages d’Alger. Ce pouvoir s’est opposé à toutes les initiatives prises par d’autres pays pour intervenir dans cette partie du continent.

L’on se rappelle à ce sujet, que le président Amadou Toumani Touré, avait lancé l’idée d’une conférence sur la paix, le développement et la sécurité au Sahel, mais l’Algérie s’y est toujours opposée. Comme elle s’est opposée à d’autres initiatives concernant la région.

Aujourd’hui, c’est ce même pays qui tente un véritable sabotage afin d’empêcher une intervention de forces africaines au nord du Mali. Les arguments fallacieux avancés par les autorités algériennes qui disent « privilégier le dialogue» ne trompent guère les observateurs avisés. Pour ceux-ci, tous les malheurs du Mali viennent de ce voisin, qui a par ailleurs toujours empoisonné la vie d’autres pays comme le Maroc. C’est dire que, pour toutes ces raisons, l’axe du mal en Afrique, c’est l’Algérie.

C.H Sylla

L’Aube du 16 Octobre 2012