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S’il est communément admis que les artistes maliens ne sont pas de grands danseurs, Maria Sidibé dite Sadio est sûrement une exception. De tous les artistes maliens, cette talentueuse artiste est une danseuse inégalable, qui a le talent de contaminer son public avec son dynamisme débonnaire. Qui est Sadio Sidibé ? Quel est le parcours de celle qui a été présentée par certains confrères comme la gazelle du Wassoulou ?

Il est admis qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Maria Sidibé dite Sadio confirme à suffisance cette assertion. Dès sa tendre enfance, la jeune Sadio ne ratait aucune occasion pour afficher ses ambitions. Mais, selon des témoignages dignes de foi, il a fallu attendre que la jeune artiste ait sept ans, pour se convaincre qu’il n’y avait aucun doute, qu’elle allait devenir une vedette locale.

A cette période où les enfants de son âge avaient toutes les difficultés pour se mouvoir en public, Sadio Sidibé n’avait d’égale. Elle était pratiquement la petite reine des espaces publics où se déroulent les manifestations culturelles dans son Birigo-Gwanta dans le cercle de Kita.

Le concentré de talents que représentait la petite Sadio Sidibé, allait la conduire à occuper une place de choix, dès 12 ans, dans la troupe du Birigo pour la semaine locale des arts et de la culture à Kita. Première participation et premier succès à l’échelle de la capitale de l’arachide. Dans la catégorie danse, elle fut la meilleure révélation de la rencontre. Sous le poids de nombreuses sollicitations, elle va quitter son village pour s’installer à Kita.

C’est dans cette ville qu’elle va décider de s’engager dans un groupe de musique. De passage à Kita pour un concert, Sali Sidibé tomba sous le charme du talent de l’experte en danse, Sadio Sidibé. Avec la bénédiction de ses parents, Sadio Sidibé va suivre Sali Sidibé à Bamako, mais, le séjour bamakois fut de courte durée, la Kitoise ne se sentait pas à son aise dans le groupe de Sali Sidibé.

Mais, l’aventure bamakoise eu le mérite de lui faire prendre conscience qu’elle avait du talent à revendre au delà des frontières de Kita. Son grand frère qui fut l’artisan de son intégration au groupe de Sali Sidibé, qui croyait au destin artistique de sa frangine, va lui trouver une place dans la troupe «Babemba» de Soumaïla Coulibaly. Et, c’est dans ce groupe que l’artiste va se découvrir des ressources illimitées en matière de danse.

Aujourd’hui, reconnaissante, elle déclarait à un confrère malien que c’est : «au sein de ce groupe, j’ai enfin pu produire la plénitude de mon talent. L’encadrement de Soumaïla m’a permis de beaucoup m’améliorer, surtout au niveau de la maîtrise scénique».

Et, comme le talent à l’état pur est rare, Sadio Sidibé ne passait pas inaperçue. Suite à une sélection, elle intègre la compagnie de danse classique de Kettly Noël pour une brève période, mais suffisante pour lui permettre d’avoir une expérience. Cette belle expérience lui a permis d’avoir une autre corde à sa guitare. Désormais, en plus de la danse traditionnelle, elle avait suffisamment de connaissances dans le domaine de la danse moderne.

Cette capacité de se mouvoir entre les deux types de danses, a vite fait de Sadio Sidibé, la coqueluche des artistes maliens qui étaient à la recherche de chorégraphe pour leurs clips. Bonne danseuse, elle ne se sentait pas la capacité de devenir chanteuse. Mais, elle se souvient encore aujourd’hui comme si ce n’était seulement qu’hier.

Elle répète a qui veut l’entendre : «lorsque je travaillais avec Ramata Diakité, son guitariste du nom de Amadou Bosso, m’a remarqué. Si j’étais sûre de mes talents de danseuse, je n’avais pas confiance en moi lorsqu’il s’agissait de chanter. C’est Amadou et Ramata qui m’ont donné cette confiance et qui m’ont poussé à sortir un album».

En 2002-2003, le coup d’essai de Sadio fût un coup de maître. Elle mis sur le marché discographique, l’album «Diama» qui allait confirmer tout le talent artistique de Maria Sidibé. Et, au moment où les mélomanes n’avaient pas encore fini de se délecter de «Diama» qui du style des albums impérissables, en 2006, l’artiste arrive avec l’album «Tu sais».

Mais, en même temps qu’elle met des albums sur le marché, Sadio Sidibé n’a pas rompu avec son amour d’avance : la danse. Elle a initié avec le percussionniste et chorégraphe François Dembélé, de la compagnie «Santoro» une expérience artistique. Sadio est aussi fondatrice de «Cali percussion», une troupe de danse et de percussion, dont elle est la principale chorégraphe.

Assane Koné

Le Républicain du 16 Avril 2009