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SIKASSO
Problématique des filles-mères : la démission des parents


Le phénomène des filles-mères affaiblit les efforts en faveur de la scolarisation des filles et d’un mieux-être de la mère et de l’enfant. Vu la complexité de la situation des filles-mères, des actions concertées doivent être menées pour que leur insertion dans la société soit efficace.
Dans le cadre de la Semaine de l’enfant africain, célébrée du 11 au 16 juin 2010, le Groupement des jeunes musulmans et l’Association alternative de recherche d’orientation sociale et éducative (Arose-Mali) ont organisé samedi dernier à Sikasso une conférence débat sur la problématique des filles-mères dans la 3e région.

La conférence était co-présidée par Zakaria Ouattara et Yaya Berthé respectivement présidents des deux associations.

Aujourd’hui, la situation des filles-mères est suffisamment inquiétante pour interpeller les parents, l’Etat et les organisations de la société civile qui doivent mener des actions concertées. Ne disposant pas de données d’enquête sur les filles-mères, il est difficile de dire exactement de quels soutiens elles bénéficient. L’on peut toutefois affirmer que certaines bonnes volontés, à travers des associations et groupements, appuient les filles-mères en les formant en couture, en hôtellerie, aux techniques de transformation de produits locaux, etc.

Le premier cadre de prévention est la famille. La jeune fille-mère est d’abord issue d’une famille, d’un père et d’une mère qui appartiennent eux-mêmes à une communauté. Dans les sociétés traditionnelles, la jeune fille était d’abord sous la responsabilité première de la communauté. Aujourd’hui, la tendance est au regroupement au sein de la famille nucléaire et beaucoup voient cela d’un mauvais œil.

Les enfants vivent la plupart du temps avec leurs géniteurs. Ils doivent recevoir de la part de ceux-ci une bonne éducation, un bon encadrement, des informations leur permettant de se protéger, de faire de bons choix et de prendre les décisions en toute connaissance de cause.

Les deux conférenciers ont tour à tour posé le problème dans un contexte social avec la rupture de nos mœurs au profit de valeurs de l’Occident. La plupart des travailleurs sociaux rencontrés estiment que le problème des filles-mères est devenu une difficulté dont la gestion n’est pas toujours aisée au regard de ses causes et de ses conséquences.

Les causes généralement avancées sont la pauvreté, l’ignorance des jeunes filles, leur cupidité, le relâchement de certaines valeurs, le manque de repères pour ces jeunes filles, la crise d’adolescence. Les filles-mères sont issues généralement de milieux pauvres et comme l’adage le dit « la pauvreté est mère de tous les vices« .

Les billets de banque ont forcément une certaine influence sur ces jeunes filles qui, souvent malgré elles vont avec des jeunes garçons ou des hommes afin de subvenir aux besoins alimentaires et financiers, alors qu’en réalité, elles se livrent à la prostitution. A cette situation des jeunes filles, il faut ajouter une démission des parents face à leur responsabilité, en effet certains parents savent rarement où leur enfant va, d’où il vient, qui il fréquente…


Quels modèles d’adultes avons-nous ?

Certains parents ont la bonne volonté et le souci de donner une bonne éducation à leur progéniture, mais au regard de certaines responsabilités ou contraintes, ils ne peuvent pas les suivre régulièrement. D’autres sont presque toujours absents. Généralement, ils pourvoient à tous les besoins matériels de leurs enfants, mais ne se rendent pas compte qu’ils ne leur donnent aucune éducation. En outre, certains enfants croient que ce qui est permis ou admis ailleurs l’est forcément chez eux.

Ils se laissent malheureusement influencer par certaines pratiques qui ne sont toujours pas bonnes pour eux et pour la société. On note également le manque de repères pour ces jeunes surtout que certains adultes ne sont pas des modèles à suivre. Des adolescentes se retrouvent ainsi avec des enfants dont les pères sont des adultes et qui refusent d’assumer leur paternité de peur de voir leur foyer se briser. Toutes choses qui peuvent déboucher à des avortements clandestins aux fins souvent tragiques, les abandons d’enfants, les infanticides, l’échec scolaire, le bannissement, le VIH/Sida et les IST.

«  Nous avons vu des cas où des gens qui ont dépassé la cinquantaine ont eu des enfants hors mariage avec des filles de 18 et même de 16 ans. Cela nous choque« , a avoué le conférencier Ouattara.

Pour soutenir ces filles, les conférenciers ont préconisé comme
solutions, des actions de sensibilisation dans les écoles, les secteurs pour faire comprendre aux citoyens les dangers de l’abandon d’enfant pour les parents et la société, l’éducation à la vie familiale avec l’implication des deux parents, que les enfants prennent toujours les bons exemples sur leurs parents.


B. Y. Cissé

(correspondant régional)


CAISSE NYESIGISO DE MARKALA

Plus de 154 millions CFA de dividendes en 2009

La caisse d’épargne et de crédit Nyèsigiso de Markala a tenu son assemblée générale annuelle, le jeudi 10 juin 2010. C’était sous la présidence du sous-préfet de Markala, Baréma Bocoum, en présence de Modibo Coulibaly, directeur général de Nyèsigiso, des membres des organes dirigeants de la caisse locale et de très nombreux membres des comptoirs de la zone.

De nombreuses interventions ont marqué la cérémonie parmi lesquelles celles du directeur général, des responsables des organes dirigeants, du directeur de la caisse locale, etc. Chaque orateur a laissé entendre une assez bonne santé de la structure de micro finance.

Au cours de l’année 2009, la zone aura dégagé un bénéfice en termes d’excédent de 155 millions de F CFA, dans la foulée d’un en-cours de crédits chiffré à la bagatelle de près de 2 milliards de F CFA. Plus d’un milliard de crédits auront été octroyés, assortis d’un taux de remboursement de 94 % contre 4 % de mauvais payeurs enregistrés.

A ce jour, les adhérents de la zone sont de l’ordre de 8812 personnes. Leurs dépôts au cours de la période se chiffrent à près de 605 millions de F CFA. Cette année, la structure a fait un clin d’œil au social : faisant don de médicaments et de matériels médicaux aux Cscom de Dougabougou et de Sansanding. Le coût du geste est d’un million de francs CFA. Aussi les bons épargnants ont-ils été encouragés.

Dans un sketch, les comédiens du groupe « Nyongolon » expliqueront les devoirs et tout le bonheur que les membres d’une caisse Nyèsigoso pourraient tirer de la micro finance. Aujourd’hui, pour des motifs de « gestion prudente« , la caisse a arrêté l’octroi de ses nouveaux crédits alléchants, en attendant, dit-on de trier les groupements, de plus en plus, nombreux, qui frappent à ses portes, animés, uniquement, du désir de s’arroger des crédits mais, sans se soucier des remboursements pourtant obligatoires.

H. Diabaté

(correspondant régional)

16 Juin 2010