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Il s’agit de l’espace d’expression et d’exhibition des vaillants cultivateurs, les plus braves, qui labourent par jour plusieurs hectares. A travers cette activité, les jeunes filles louent leurs exploits.

Elles motivent ainsi les fainéants appelés alfaridjoungou, dont les terres restent et demeurent toujours au stade de friche. Cette manifestation tend à disparaître. Car, les adolescents voient autrement l’évolution des choses et des événements. Ils sont nombreux, les groupes de filles et de garçons, organisés en association, par quartier, qui organisent, à tour de rôle, un balani show. Pour y arriver, ils placent des cartes de soutien auprès de tous les chefs de service, leur personnel, les responsables des ONG, etc.

La récolte sert à la location de la sonorisation, la paie des animateurs, la location de fauteuils, de chaises et de boissons. Ici, dès la nuit tombée, chaque soir, le vacarme règne jusqu’à quatre heures du matin. Même les tout-petits entrent dans la danse. Ils imitent leurs aînés, confectionnent leurs cartes de soutien, sillonnent la ville sous un soleil ardent par petit groupe et exigent le cash pour les besoins de leur balani show. C’est pour eux une occasion de se distraire, mais surtout de se trémousser devant la plus belle des plus coquettes filles du quartier. C’est également une occasion pour entretenir la rivalité qui consiste à mettre une bouteille de boisson à l’honneur de la fille la plus convoitée par ces tout-petits communément appelés boucantiers.

Sur ce, le DJ annonce la compétition appelée foussa et l’offre commence du moyen au plus offrant. Souvent, le prix de la bouteille monte jusqu’à dix-mille Fcfa pour le seul honneur de la belle de la soirée. Le lendemain, la nouvelle se repand comme une traînée de poudre à travers la ville. Ce qui incite d’autres groupes à prendre le relais. Voilà campé en bref le décor dominant des vacances 2010 à Goundam. Toujours est-il que l’activité la plus saine, qui a le plus d’impact dans la vie économique de Goundam, demeure le hadja. Cette activé de vacances unit, depuis toujours, tous les soirs, quartier après quartier, adultes, enfants, vieux, hommes et femmes.

Civisme oblige, le drapeau de notre pays trône dès le crépuscule sur la place du quartier qui doit abriter l’évènement. Auparavant, la Mangala , fille qui incarne l’espérance des cultivateurs, entourée de nombreuses jeunes filles, au tempo des tams-tams, parcourt les champs, sert à boire aux cultivateurs, les encourage avant de les raccompagner au village. On a l’impression que ces cultivateurs viennent de gagner un combat. Car, ils débordent d’énergie et marchent allègrement sans aucun signe de fatigue.

Le soir, à peine le dîner consommé, tout le monde converge vers la place du hadja où, les cultivateurs esquissent des pas de danse propre à eux sous le rythme endiablé tams-tams et des chants élogieux dans la joie et l’euphorie.

Ces paysans-là font la fierté de Goundam. Appelés limbo, ils labourent chaque année plus de 5 000 ha. Ils sont connus de tous. Grâce à eux, le cercle de Goundam a connu peu d’exode rural. Car, ils demeurent tous attachés à la terre nourricière qui est le Télé.

Il faut préciser que l’agriculture, en cette saison 2010, a été dominée par la riziculture et les cultures dunaires comme le mil, le niébé, le gombo, etc., à la faveur d’une pluviométrie acceptable avec 124 mm de pluie recueillie du 1er au 27 juillet 2010.

Pourvu que cette tendance se maintienne !

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Bandiagara : UN PROFESSIONNALISME APPRECIE

Bandiagara fait partie du triangle touristique national (Djenné, le pays Dogon et Tombouctou).

Le tourisme constitue ici une véritable industrie pour les populations locales. Baba Napo dit Ankoudian qui préside l’association des guides touristiques et accompagnateurs de Bandiagara, est entré dans ce métier voilà dix ans et travaille à son compte propre.

« Ici on entretient des bons rapports avec les touristes. Chaque fois qu’on termine un voyage, les clients nous félicitent. Nous en sommes fiers », souligne-t-il. Comme les autres guides professionnels, Ankoudian fait signer un contrat à ses clients avant d’entamer le voyage. Le montant du contrat, précise-t-il, dépend du nombre de touristes.

Le déplacement d’un touriste peut coûter 50 000 Fcfa par jour. Ce montant prend en compte la location du véhicule, l’hébergement et la restauration. Le paiement se fait en trois tranches. La moitié est payée avant le départ et les deux autres tranches en cours et à la fin du voyage.

Ankoudian revenait d’un voyage dans le pays Dogon avec deux couples français et italien. « Nous avons effectué un voyage dans le pays Dogon qui restera longtemps gravé dans nos mémoires. Le paysage était beau et le guide s’est montré très professionnel », a apprécié le couple français, Daniel Michelard et Anne Gublil.

L’Italien Marco Palombi et son épouse russe, Inna Punda, ont aussi apprécié l’expertise de leur accompagnateur.

O. GUINDO (AMAP-Bandiagara)

23 aout 2010

L’Essor