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Après le Rassemblement national démocratique (RND), c’est l’Union pour la Démocratie et le Développement (UDD) qui s’apprête à fusionner avec l’Adéma-Pasj. Une rencontre a eu lieu, entre les directions des deux partis, vendredi dernier, au siège de la Ruche, à Bamako-Coura.

Les présidents Dioncounda Traoré de l’Adéma et Hassane Barry de l’UDD ont assisté à la réunion qui devait mettre en place une commission de suivi chargée des prochaines concertations pour la fusion. De bonne source, aucune entrave n’est décelée dans la volonté collective des cadres d’aller vers la fusion. L’UDD compte 3 députés à l’Assemblée nationale : Aboubacar Coulibaly, Kalifa Doumbia et Idrissa Ouattara.

Ces trois députés ont été élus sur des listes Adéma-Pasj. La fusion est donc de bonne augure pour les Abeilles qui peuvent conforter leur majorité à l’Hémicycle. Trois députés du groupe parlementaire des Indépendants ont, selon nos informations, rejoint l’Adéma. Il s’agit de Bouréima Dicko de Baraouéli, Amadoun Sidibé Allati de Youwarou et de Fily Kéita de Kéniéba.

Les cadres du Parti africain pour la solidarité et la justice ne cachent pas aujourd’hui leur volonté d’atteindre une majorité parlementaire absolue qui puisse leur permettre de gagner les futures élections communales de 2009 et la présidentielle de 2012. Comment le parti gérera-t-il ces afflux de militants, notamment les cadres provenant d’autres partis politiques ? A cette question, les militants de l’Adéma que nous avons rencontrés répondent : “nous allons gérer cette question dans le cadre de la solidarité”.

Pourtant d’anciens militants de la Ruche nous ont montré des signes d’inquiétude concernant ces adhésions massives car ils ne tiennent pas à être les laissés pour compte de ces fusions. Le même problème avait été évoqué par Soumaïla Cissé, au cours du congrès ordinaire de l’Union pour la République et la démocratie.

Le président de la Commission de l’UEMOA avait soutenu qu’il ne saurait exister d’anciens et de nouveaux militants et que l’URD tiendra surtout compte des compétences. C’est pourquoi, dans la Ruche aussi, des cadres acceptent officiellement ces fusions mais avec quelques réticences confiées à leurs interlocuteurs. Face aux nouvelles adhésions se dresse donc le défi de l’intégration des militants provenant d’autres partis politiques.

Au demeurant, les députés indépendants qui rejoignent les formations politiques reposent la question du devenir des élus sans coloration politique, au fur et à mesure qu’approchent les échéances électorales. Le fonds de commerce ATT est-il trop usité ? En tout cas, les Indépendants sentent l’urgence de rejoindre les partis les plus représentatifs sur l’échiquier politique.

S’il est vrai que l’élection du président ATT a créé un engouement vers les Indépendants, il n’en demeure pas moins que la nouvelle recomposition de la classe politique se dessine progressivement à l’avantage des partis majoritaires. Ceux qui rejoignent ces formations ont-ils fait la bonne lecture de la nouvelle donne ? Les évènements futurs nous donneront la réponse.

Baba Dembélé

06 Mai 2008