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Plusieurs composantes de la classe politique sont dans la logique des préparatifs en vue des prochaines consultations électorales et plus particulièrement les élections générales de 2012. Cela intervient pourtant à quelques années plus tôt que la fin du second mandat du président Amadou Toumani Touré.

Faut-il en déduire que ces acteurs politiques sont pressés que prenne fin ce second mandat? Estiment-ils qu’il n’y a plus d’enjeu pendant le reste du mandat d’ATT? Ce sont là des questions que l’on se pose ces derniers moments, au fur et à mesure que les batailles de positionnement font rage dans différents partis politiques.


Sur plusieurs fronts à la fois

Au sein de la classe politique, certains partis, en raison de leur position et de la sérénité qu’ils affichent, donnent l’impression de ne pas avoir encore des ambitions pour les élections futures. Par contre, d’autres, à travers les actes qu’ils posent, font croire qu’ils sont les seuls intéressés, mais aussi les seuls capables d’atteindre leurs objectifs politiques.

Généralement on les appelle les grands partis. Il s’agit de ceux qui ont un nombre plus ou moins important les uns que les autres d’élus communaux et de la nation. Dans l’ordre il y a : l’Adéma, l’URD, le RPM. Au sein de l’opinion publique nationale, on pense que ces trois partis politiques auront leur mot à dire dans les perspectives politiques. Mais, il est trop tôt d’en juger, on se réfère surtout sur leur poids politique du jour.

En effet, ces partis ont plusieurs choses à faire à la fois: non seulement ils doivent tout mettre en œuvre pour consolider leurs acquis à travers la pérennisation de leur cohésion, mais aussi ils doivent tout mettre pour élargir la base de leur pyramide. C’est ce qui explique qu’ils sont sur plusieurs fronts à la fois.

Pourtant, ils ont chacun ses problèmes qu’ils se doivent de gérer le plus rapidement possible afin de n’avoir pas du file à retordre au moment des élections. Mais quoiqu’on dise, les problèmes ne sont pas les mêmes d’un parti à un autre.

L’ADEMA sur le terrain

En effet, pour ce qui est de l’Adéma, il a surtout des problèmes liés à la gestion des nouveaux arrivants qui sont nombreux et qui cherchent aussi à mieux se positionner au sein du parti pour être sûr d’avoir à occuper des postes importants de responsabilité pour les uns et de mieux se positionner sur les listes électorales pour les autres. Cela notamment à l’occasion des élections communales de 2009.

Cette tendance est aujourd’hui à l’origine de mésententes au sein du parti à la base. En plus de cet aspect, certains observateurs de la scène politique croient fermement que le parti n’est pas à l’abri des querelles internes qui naîtraient des batailles de positionnement pour sa présidence.

Là aussi, il y a quelques inquiétudes, étant donné que cela est devenu une tradition à l’Adéma depuis la fin du second mandat de l’ancien président Alpha Oumar Konaré, à moins que ses responsables nous démontrent cette fois-ci le contraire.

Est-il possible qu’en 2012 également les ténors du parti ne parviennent pas à convenir de la candidature d’un seul responsable derrière lequel tous s’aligneront? C’est le temps qui nous en dira.

Mais d’ici là, des tractations sont en cours et il y a de fortes probabilités que la cohésion du parti soit encore menacée si l’on n’y prend garde, surtout à partir du renouvellement des structures de base du parti. Les indices, ce sont les difficultés que le parti est en train de chercher à gérer pour aller de l’avant.

Le RPM décide à ne pas lâcher prise

Au RPM, la situation n’est pas identique, puisque ce parti a connu des scissions ces dernières années et qui sont en passe de lui coûter cher à l’avenir. C’est pourquoi les tractations sont en cours pour tenter de rassurer les cadres et militants du parti que le parti ne fusionnera pas avec un autre et qu’il a également l’ambition, au même titre que les autres, de conquérir le pouvoir politique en 2012.

Il n’existe plus de querelles de leadership au sein du RPM, IBK en est le chef incontesté, puisqu’autour de lui aujourd’hui, il y a de la sérénité après le départ de tous ceux qui se sont sentis frustrés d’une manière ou d’une autre. Mais, peut-on affirmer que la sérénité actuelle du RPM est la preuve de sa stabilité sur la scène politique? Rien n’est mois sûr. En tout cas, les tisserands se montrent plus que jamais déterminés à prendre leur revanche. La tache, de ce côté sera plus difficile, mais en politique, tout peut arriver, dit-on.

Dans tous les cas, malgré la passion qui anime au RPM, on a conscience de la situation dans laquelle le parti se trouve après le départ dse certains de ses cadres de valeur. Mais il va falloir faire avec. C’est pourquoi le RPM est en train de suivre les traces de l’Adéma et de l’URD; mais on peut soutenir que cette option sera forcement la bonne quand on se refère aux situations explosives qui minent les deux partis : l’Adéma et l’URD.


Les équations à L’URD

Pour ce qui est de l’URD, il traverse un moment difficile consécutivement au dernier congrès ordinaire dont les participants ne sont pas tout à fait d’accord sur les recommandation et la composition du bureau. Les ténors de ce parti ont donc tout intérêt à gérer les contradictions à son sommet depuis le dernier congres ordinaire.

La situation qui défraie ces temps-ci la chronique est celle relative à l’ambition que Oumar Ibrahima Touré avait de conquérir la présidence du parti. Le fait d’en avoir été empêché par le parrain du parti Soumaïla Cissé est tout le problème. La question que l’on se pose maintenant, c’est de savoir si le 2ème
vice-président du parti a renoncé à cette ambition.

En tout cas, les récents pourparlers entre les ténors du parti et les députés élus sous les couleurs de l’URD n’augurent pas de la fin d’une situation qui est aujourd’hui assimilable à un feuilleton dont l’issue pourrait coûter cher au parti. Ses ténors sentent-ils ce dangers venir?

Dans tous les cas, il y aura à gérer des problèmes au sein de chacun des partis; la différence viendra de la manière dont chacun parviendra à gérer ses problèmes internes.

Mais d’ores et déjà, il y a des guerres larvées qui se profilent à l’horizon dans les trois poids lourds de la classe politique. Mais comme on le dit : <<la fin justifie les moyens>>.

Moussa SOW

18 Aout 2008