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Depuis quelques jours, les maliens étaient très impatients d’attendre les résultats des personnes mises en quarantaine après le décès de la petite fille de Kayes de la maladie d’Ebola. Finalement, les résultats ont attesté que la grande mère ni les autres mis en quarantaine n’avaient les symptômes de la maladie. Malheureusement, cette joie a vite laissé la place à la très mauvaise nouvelle de découvertes d’autres cas, aux conséquences désastreuses.

A l’annonce de la nouvelle relative au fait que 12 des 79 personnes mises en quarantaines à Kayes et à Bamako n’ont aucun signe d’Ebola après le décès de la petite fille de 2 ans, venue de Kissidougou (guinée Conakry) pour Kayes en passant Bamako avec sa grand-mère, tous les maliens étaient très soulagés d’être épargné de cette vilaine maladie. Mais cette joie n’a été que de courte durée, car le lendemain déjà, c’est-à-dire le lundi, les bruits d’autres cas avaient déjà commencé à circuler sur les réseaux sociaux et autres. Et après enquête, il s’est avéré que c’est un infirmier du nom de Salif Diarra qui était à seulement 3 mois d’essais selon nos informations qui a contracté la maladie au cours d’un traitement qu’il effectuait à un patient d’origine guinéenne (Kourémalé-Guinée).
Le patient, un imam serait venu de cette localité de Guinée Conakry pour des soins à la Polyclinique ‘’Pasteur’’, sise en Commune IV de Bamako. Cette fois-ci à la différence du premier cas, les conséquences ont été lourdes car après le décès du patient à l’origine de ce drame (l’imam), la clinique l’aurait remis à ses parents sans que toutes les dispositions nécessaires ne soient prises ou du moins, alerter les autorités. Aussi on aurait lavé le corps dans une mosquée d’un quartier trop fréquenté (Djicoroni Para), non loin de l’Usine Ceramic.

Un rapport de l’OMS confirme également la mort du Chef de famille qui a abrité l’imam à son arrivée de Guinée. Ce qui a augmenté le nombre de victimes à 4, contrairement au communiqué du gouvernement qui évoque plutôt 2.
Depuis la confirmation de cette terrible nouvelle, les voix ne cessent de se lever pour demander des sanctions exemplaires contre les responsables de la polyclinique. Une doléance qui ne sera surement faite car le Directeur de la dite clinique à travers un point de presse serait vu plutôt en victime au motif qu’il a actuellement deux de ses médecins sous surveillance. Une version qui est loin de convaincre les internautes qui sont en train de crier de toutes leurs forces pour des sanctions contre son service à l’origine de ce drame.

Sans même que toutes les zones d’ombre soit élucidées dans cette affaire qui a ébranlé tous les Maliens, hier jeudi au niveau du plus grand hôpital de la capitale, le CHU Gabriel Touré, on annonce la découverte d’un autre cas. Un jeune, grande de taille, réparateur de téléphones comme métier, venu en consultation le mercredi soir au niveau du service ORL du CHU GT. Après avoir pulvérisé les endroits et sécurisé tous les parages, les agents des services compétents de lutte contre l’Ebola ont amené le suspect pour des prélèvements appropriés.
Ce mercredi 12 novembre 2014, le Secrétaire Général du Ministère de la Santé et de l’hygiène publique, Ousmane Doumbia a laissé entendre que des actions sont en cours pour situer les responsabilités dans le but d’une sanction éventuelle conformément aux règlements en cours.
A l’heure actuelle, le dispositif de la quarantaine de la clinique est renforcé avec l’entrée en jeu des forces Onusiennes pour épauler les forces maliennes présentes depuis hier mercredi.

Selon les dernières informations, plus de cent (100) personnes dont la famille de l’infirmer, sise à Daoudabougou et la famille qui accueille le défunt imam (Dijcoroni) seraient sous surveillance dans le cadre de cette 2ème contamination.
Il reste maintenant à tracer les lignes de l’entourage du nouveau cas suspect du CHU GT. Un autre travail de fourmi.

Modibo Dolo

Tjikan du 14 Novembre 2014

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Point de Droit : la Responsabilité des établissements de Santé privés en cas d’infections nosocomiales

Depuis les deux cas confirmés (avec survenance de décès), cette semaine, de la maladie à virus Ebola à la Clinique Pasteur, beaucoup de langues ont commencé à se délier sur la responsabilité de l’établissement sanitaire. En principe général, comme pour les professionnels de santé, les établissements de santé privés ne peuvent être tenus responsables des conséquences dommageables d’actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu’en cas de faute. Mais, dans certains cas, leur responsabilité peut être engagée sur le fondement d’une obligation de sécurité en santé publique liée, notamment à la violation de certaines mesures de précaution imposées par l’administration dans le cadre de la prévention des maladies épidémiologiques (à propagation subite et rapide) comme le virus Ebola.

On peut parler de délit d’exposition à un danger. Etant donné que les mesures de précautions aient été fixées par le gouvernement faisant état de vigilance et dénonciation avec des numéros verts à l’appui.

Selon une jurisprudence de la Cour de Cassation française, les établissements de santé sont responsables des dommages résultant d’infections nosocomiales, sauf s’ils rapportent la preuve d’une cause étrangère à l’infection. La responsabilité est automatique sauf preuve d’une cause étrangère, c’est-à-dire faute de la victime.
En clair, il peut y avoir responsabilité pénale et civile à l’encontre de l’établissement, du moins pour le soignant victime de contagion dans l’établissement. Les solutions sont entièrement jurisprudentielles.

Daniel Kouriba

Tjikan du 14 Novembre 2014