Partager

Les infrastructures d’eau potable, gérées pour la plupart par les collectivités territoriales et des gestionnaires peu ou mal formés, arrivent difficilement à rendre un service d’eau potable durable. C’est le constat qui a amené six acteurs du secteur (SNV, Eau-Vive, Helvetas SI, Water Aid, Alliance Wash et Agir) à organiser un atelier de réflexion sur la durabilité du service public de l’eau le mardi au Cres de Badalabougou.

jpg_une-1193.jpgLa rencontre qui prend fin jeudi prochain a pour but de mener des réflexions autour des mécanismes permettant d’améliorer, de façon durable et équitable, l’accès des populations à l’eau potable.
Qualité de l’eau, durabilité des infrastructures hydrauliques, financements innovants dans le sous-secteur de l’eau, opérationnalisation du Fonds de développement de l’eau… sont autant de points inscrits à l’ordre du jour.

Il s’agira, pour les participants, d’échanger sur la mise en place et la pérennisation d’un service public d’accès à l’eau potable tant au niveau rural qu’urbain au Mali et d’orienter les débats sur les rôles des acteurs, leurs niveaux d’intervention et leurs stratégies d’action.
Dans le domaine de l’alimentation en eau potable, les objectifs stratégiques sont, selon les organisateurs, l’augmentation de l’accès à l’eau potable à travers la réalisation d’installations hydrauliques ; la promotion de la gestion durable des installations hydrauliques à travers l’organisation et la formation des populations bénéficiaires pour une appropriation des ouvrages et la pérennisation du service de l’eau potable.

Pour Lamissa Diabaté, secrétaire général du ministère de l’Energie et de l’Eau, le thème reste d’actualité et met en évidence l’un des défis majeurs que constitue l’accès à l’eau potable. « Cela est dû d’une part, à l’essor démographique tant en milieu rural qu’en milieu urbain et d’autre part, aux contraintes budgétaires de plus en plus récurrentes tant au niveau de l’Etat et des collectivités territoriales qu’au niveau des partenaires au développement », a souligné M. Diabaté.

Il a ajouté que l’accès à l’eau potable de manière durable constitue l’un des axes prioritaires du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté qui, a-t-il poursuivi, fédère l’ensemble des politiques et stratégies de développement du Mali.
M. Diabaté a signalé que la réforme institutionnelle du secteur de l’hydraulique urbaine avec, entre autres, la création d’une société de patrimoine et d’une société d’exploitation, témoigne de la volonté du gouvernement de parvenir à court terme, à la durabilité du service public de l’eau potable.

Pour le représentant des six acteurs, si chacun jouait pleinement son rôle comme indiqué dans la stratégie nationale de développement de l’alimentation en eau, « il est évident qu’avec un parc de plus de 18 000 forages dont 80 % sont équipés de pompes à motricité humaine et 900 adductions d’eau potable et les réformes en cours, notre pays devrait être parmi ceux pouvant atteindre les OMD », a indiqué Koussé Koné.
Dans tous les cas, plus que jamais, une nouvelle répartition des rôles entre les acteurs s’impose.

Cela passe nécessairement par un recentrage de l’Etat sur ses fonctions régaliennes et un désengagement des fonctions opérationnelles ; le transfert effectif de compétences de maîtrise d’ouvrage aux collectivités territoriales, une plus grande implication des usagers notamment dans le paiement des coûts récurrents et l’organisation de la gestion et l’exécution des prestations de service liées à la réalisation et à l’exploitation des systèmes d’approvisionnement en eau par le secteur privé. Il s’agit là de préalables dont la maîtrise est le gage d’un service durable de l’accès à l’eau potable de nos populations dans un contexte marqué par la décentralisation.

Idrissa Sako

Les Echos du 28 Novembre 2012