Partager

La caravane de presse de WaterAid, qui en était à sa 2e édition, a sillonné les 18 et 19 avril Kolokani, Yélékébougou (Kati), Sanankoro (Kati), Niamakoro (Commune VI), Nafadji (Commune I), Tienfala (Kati) et les 22 et 23 avril les communes de Touna et Kemeni dans le cercle de Bla. Cette 2e édition de la caravane de presse de WaterAid visait à influencer le gouvernement à travers la presse, à aller vers un développement plus large de la gestion communautaire des ressources en eau.

Le problème d’eau, dans notre pays, est partout crucial. Grâce à la bonne collaboration de WaterAid avec les ONG locales, toutes ces zones visitées ont aujourd’hui accès à l’eau potable. A Sanankoro par exemple, le problème d’eau potable était si crucial qu’il avait poussé les populations à abandonner Sanankoro pour s’établir ailleurs.

« C’est ici Sanankoro. Si ce n’était l’ONG AMEPPE et WaterAid, nous allons abandonner le hameau. Nous faisions deux kilomètres pour mettre la main sur l’eau. On ne dormait pas la nuit. Les filles des autres villages n’acceptaient pas nos jeunes en mariage », a expliqué une femme de Sanankoro.

En terme d’infrastructures en eau, Sanankoro comptait une dizaine de puits traditionnels intermittents qui s’asséchaient dès la fin de la saison des pluies, obligeant les femmes à faire de longues distances ou attendre de longues heures tard la nuit ou très tôt le matin pour collecter quelque quantité du précieux liquide. De nos jours, grâce aux concours de WaterAid et de ses partenaires, Sanankoro compte deux forages équipés de pompes manuelles et un micro-barrage.

En outre, 14 bornes-fontaines opérationnelles ont été réalisées à Nafadji. Sous alternative, des puits traditionnels améliorés avec des pompes Ciwara ont été réalisés à Niamakoro en plus des bornes-fontaines.

Assainir pour accéder à l’eau potable

S’il existe un défi majeur auquel les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement sont confrontés, c’est bien celui de satisfaire durablement les demandes des populations grandissantes en ressources en eaux qui demeurent insuffisantes.

Pour WaterAid et ses partenaires locaux, la réponse aux questions liées à l’eau, à l’hygiène, à l’assainissement et à la mise en place de processus susceptibles de garantir des solutions pérennes constitue l’objectif de la Gestion communautaire des ressources en eau (GCRE). La GCRE est un processus participatif qui consiste en une implication des communautés dans la gestion et le développement des ressources en eau en vue de garantir durablement les écosystèmes et le développement socio-économique.
Selon Fatoumata Haïdara, la représentante de WaiterAid au Mali, la réponse dans l’accès à l’eau des populations vulnérables est locale.

WaterAid s’engagera dans le processus de GCRE pour s’assurer que les pauvres ont accès à l’eau potable domestique. L’accès à l’eau potable ne peut se faire sans assainissement. C’est pour cette raison que WaterAid, en partenariat avec des ONG locales, a fait des puisards partagés et individuels dans certaines de ces zones d’intervention. Dans ce cadre, Tienfala a bénéficié de 11 latrines équipées de chaises pour handicapés visuels et de 17 puisards.

« Je suis âgée de 70 ans environ. Je suis devenue aveugle il y a bien longtemps et depuis ce temps, j’éprouve d’énormes difficultés quand je dois aller aux toilettes. Il me fallait un accompagnant, ce qui me privait d’une certaine intimité. J’étais souvent obligée de ramper en utilisant mes mains pour rechercher le trou de la latrine, ce qui était non seulement dangereux mais aussi pas hygiénique puisqu’il m’est arrivé plusieurs fois de manipuler les selles ou les urines déposés aux alentours du trou », a expliqué Moussocoura Coulibaly, une vielle dame à Tienfala.

« Maintenant, il m’est très facile de trouver la chaise de la dalle. Avec la dalle pour malvoyant, j’ai trouvé la joie d’aller aux toilettes », a-t-elle ajouté.
Avec l’instauration du projet eau, hygiène et assainissement (EHA) dans les communes de Touna et Kemeni par WaterAid et Alphalog, les conditions d’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement de plusieurs villages de la région de Ségou ont été améliorées.

Sidiki Doumbia
(envoyé spécial )

29 avril 2008