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La coalition des Alternatives Africaines Dettes et développement Mali (CAD-Mali) a organisé le samedi dernier, à la Maison du partenariat Angers-Bamako, une table ronde entre les acteurs de l’eau et de l’électricité, ONG et la société civile.

En effet, selon les constats de la CAD-Mali, les conditions d’accès aux services sociaux de base (santé, éducation, eau et assainissement, transport) se dégradent tant en milieu rural que urbain. Cela a fait que la libéralisation et la privatisation des entreprises publiques d’eau et d’électricité ont amené des hausses des coûts d’accès pour les bénéficiaires sans amélioration des performances d’accès. Aussi, les ressources naturelles et l’environnement du bassin du fleuve Niger sont devenus dangereusement fragilisés en raison de l’effet combiné de la diminution des précipitations.

C’est conscient de toutes ces difficultés auxquelles sont confrontées les populations, et du rôle de l’Etat pour assurer l’accès efficace, efficient et économique de ces populations aux services sociaux de base, que la CAD-Mali avait demandé une autorisation de marche le samedi le 23 février 2008 prochain qui a été refusée par le gouverneur du district de Bamako, Ibrahima Fèfé Koné. Ce dernier a déclaré de choisir une autre manière pour se faire entendre. “L’organisation de marche même pacifique sur la voie publique ne s’accommode pas avec les exigences de la préservation de l’ordre public”, aurait-il dit.

C’est suite à cela, que la Commission d’organisation a proposé en lieu et place de la marche un “meeting”, au cours duquel une déclaration sera remise au ministre des Mines de l’Energie et de l’Eau. Cela pour demander entre autres la diminution des coûts de l’eau et de l’électricité ; l’accès des populations à faibles revenus à l’eau et à l’électricité ; l’équité dans les politiques de desserte en eau et en électricité ; la nationalisation de l’EDM; l’humanisation des services de l’EDM ; l’augmentation de la tranche sociale à 100% ; une gestion rationnelle de la ressource eau et électricité.

Ces exigences de la CAD-Mali à l’Etat font suite à deux études, dont l’une sur l’impact de la privatisation menée de la société de distribution d’eau et d’électricité au Mali et l’autre sur l’hydraulique villageoise. Des études qui ont démontré que l’accès à l’eau et à l’électricité est difficile au Mali même souvent avec les moyens disponibles ; le coût de l’eau et de l’électricité est inaccessible pour la grande majorité des populations.

C’est compte tenu de toutes ces réalités que la CAD-Mali avec l’appui financier d’Oxfam solidarité Belgique a initié le projet. Il vise à améliorer la concertation et la collaboration entre les usagers, les organisations de la société civile et les acteurs de l’Etat, du parlement et des collectivités décentralisées qui oeuvrent à l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base et à leur qualité.

Pour la présidente du CAD-Mali, Mme Barry Aminata Touré, la croissance, le développement, la compétitivité qui sont des slogans à l’heure actuelle dépendent de l’accès à l’eau potable, de l’énergie pour tous et à un coût accessible.

L’eau insalubre est à l’origine de nombreuses maladies comme le choléra, la dysenterie, le paludisme, la fièvre typhoïde, l’hépatite et des maladie dermiques.

L’approvisionnement adéquat en eau potable de tous les citoyens et l’assainissement correct de leur cadre de vie sont des conditions indispensables pour l’éradication de la pauvreté au Mali et dans le monde” a-t-elle conclu.

Hadama B Fofana

18 février 2008.