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« Ahossè, ahossè, ahossè »: le président ivoirien Alassane Ouattara a repris une formule de compassion dans la langue des autochtones locaux guéré et demandé une minute de silence en mémoire des victimes de « l’horreur », en ouvrant son meeting en fin d’après-midi devant des milliers de personnes. Se présentant en « président de tous les Ivoiriens » sans distinction de religions ou d’ethnies, il a exhorté les déplacés et les réfugiés à revenir chez eux, sans « avoir peur » de représailles. Il a promis de dédommager les victimes mais aussi d’accélérer le développement d’une région longtemps négligée (routes, eau potable, électricité). « Un discours d’espoir après tant d’années de traversée du désert », a commenté Ali Gono, un chef de village guéré, interrogé par l’AFP. « Nous disons +plus jamais ça+, on veut la paix », a confié Katogoma Kalo, commerçant et représentant des Mahou (ethnie venue du Nord) à Duékoué. Accompagné de son épouse Dominique, M. Ouattara s’est offert à son arrivée un bain de foule, en clôture d’une tournée de trois jours dans l’Ouest, sa première visite dans l’intérieur du pays. La ville est un symbole de la crise née du refus de l’ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite au scrutin de novembre 2010, qui a fait quelque 3.000 morts jusqu’en avril 2011, dont un millier dans l’Ouest selon l’ONU. AFP