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Seuls sept d’entre eux (dont Macky Sall) ont pour l’instant gagné le droit de revenir en deuxième semaine – verdict final et ultimes recours autour du 20 janvier. Pour les autres, comme l’avocate Aïssata Tall Sall, la campagne s’achève prématurément et dans l’incompréhension. « Certains parrainages refusés émanaient de membres de sa famille, d’élus de son conseil municipal, bref, de gens qui avaient voté en 2017 lors des législatives », glisse, incrédule, un proche de la maire de Podor, recalée par le Conseil constitutionnel, résumant le malaise qui s’est emparé de la classe politique au lendemain du Nouvel An. Objet de polémiques depuis son adoption en avril 2018, la nouvelle disposition de la loi électorale généralisant à l’ensemble des candidats à la présidentielle le dispositif de parrainages – qui ne s’appliquait jusque-là qu’aux indépendants – a montré, tout à la fois, sa pertinence et ses faiblesses. Aberration. Pertinence quant à son objet. N’eût été la loi sur les parrainages, qui sait combien de présidentiables auraient tenté d’accéder au palais de la République ? En les contraignant à recueillir, chacun, quelque 53 000 signatures réparties dans au moins sept des quatorze régions du pays, à raison d’au moins 2 000 signatures par région, la loi a permis d’opérer un ménage opportun. De nombreux candidats virtuels se sont en effet volatilisés à l’heure du dépôt de dossier. Doublons en série. Quant à sa mise en œuvre, le bilan de la nouvelle loi semble moins convaincant. Avec 27 postulants en lice, le Conseil constitutionnel a dû examiner la conformité avec le fichier électoral de 1,4 million de parrainages sur la base de fichiers informatiques fournis par chacun. Et de sérieux problèmes n’ont pas tardé à surgir. Au total, près de 175 000 parrains ont fait preuve de duplicité, sans se préoccuper des risques encourus. Passons sur les invalidations pour motifs techniques, le fichier fourni étant défectueuxAu total, près de 175 000 parrains ont fait preuve de duplicité, sans se préoccuper des risques encourus. Dernier couac, et non des moindres : de nombreux électeurs considérés comme des parrains fiables par les candidats ne figuraient pas sur le fichier du Conseil constitutionnel, ainsi qu’Aïssata Tall Sall en a fait l’amère expérience. Bilan de l’opération : sur 1,4 million de parrainages déposés, 721 750 ont été acceptés et 832 742 rejetés (dont 174 637 doublons). En réduisant à la portion congrue la représentation de l’opposition, le Conseil constitutionnel ne permet-il pas aux rares « rescapés » d’espérer voir l’un d’entre eux se détacher au premier tour et mettre le président sortant en ballottage ? Un scénario largement improbable dans un scrutin à 26 concurrents. JEUNEAFRIQUE