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« Moussa Traoré n’est pas d’accord avec la ligne de conduite du MPR dirigé par le Dr Choguel Maïga. D’où la brouille entre les deux hommes ». Cette folle rumeur qui circule dans les salons feutrés de Bamako où dans les grins VIP ne semble pas fondée. Cependant des gens proches de GMT ne sont pas en odeur de sainteté avec Choguel Maïga. Ce qui explique la récente démission de certains membres de l’instance dirigeante du parti. Va-t-on vers une scission au sein du parti du tigre ?

C’est la récente démission de certains membres de l’instance dirigeante du parti, le BEC (bureau exécutif central) suivie de celle de quelques responsables municipaux en l’occurrence Cheick Hamalla Traoré, Mandiou Fofana, Salif Diarra, Mountaga Balla et Barou Diallo qui a levé un coin du voile sur l’incompréhension, voire la guéguerre qui mine le Mouvement Patriotique pour le Renouveau (MPR).

En effet, aujourd’hui, le parti du Tigre est confronté à un conflit de clan : des proches de l’ex-président Moussa Traoré, le guide, sont opposés au Dr Choguel Maïga, le gardien du temple. Les premiers reprochent au ministre Choguel Maïga et à son clan d’avoir fait acte d’allégeance totale au chef de l’Etat, le général président Amadou Toumani Touré au détriment du parti.

Le dernier congrès ordinaire du parti qui a délibérément opté pour la transformation du soutien politique en soutien électoral à la candidature de Amadou Toumani Touré pour un second mandat, semble être la cause de la crise au sein du parti. Car, selon toutes vraisemblances, certains barons du MPR ont voulu susciter la candidature d’un des leur en l’occurrence, le beau-fils du Général Moussa Traoré, Cheick Modibo Diarra, le navigateur planétaire de la Nasa.

Et, d’après certaines indiscrétions, c’est l’ex-impératrice Mariam Traoré, tapie dans l’ombre qui tire les ficelles. Pour qui connaît Mme Moussa Traoré, son comportement n’est guère surprenant au regard de son avidité pour le pouvoir. Peut-être qu’elle espère, avec l’aide de son beau-fils Cheick Modibo Diarra, revenir dans les grâces du pouvoir. Or la candidature de l’homme de la Nasa n’était pas bien vue au sein du parti du fait qu’il n’a jamais été un vrai militant. C’est-à-dire actif.

Depuis que cette tentative a échoué face à la redoutable « puissance » du gardien du temple qui avait déjà donné sa voix au président ATT, le MPR à commencé à avoir des problèmes en son sein.

Ainsi, a-t-on appris de sources concordantes que le jeune frère de l’impératrice Abdrahamane Cissoko, alias « Ramos » et bien d’autres personnes ont mené une campagne auprès des militants du MPR en leur faisant croire que le Général Moussa Traoré ne serait pas d’accord que le parti soutienne ATT et qu’il serait même en brouille avec Choguel Maïga. Histoire de détourner les troupes du choix du parti. Peine perdue.

N’ayant pas désarmé, les frondeurs reviennent à la charge après la présidentielle. Ils profitent des législatives pour mettre du sable dans les grains à moudre du Dr Choguel Maïga. Le choix des candidats pour cette élection est la meilleure occasion de croiser, de nouveau, le fer avec la direction du parti en ayant à la bouche les mêmes thèmes de campagne : « Moussa est fâché contre Choguel« .

Etant minoritaires, les frondeurs ont également fini par être coiffés au poteau par ceux qu’ils appellent eux mêmes « le clan Choguel ». D’où la dissidence, la guerre ouverte. Après avoir quitté le parti, les démissionnaires sont même allés en ordre dispersé sur les listes des partis politiques. Certains seraient notamment sur les listes RPM et au PC.

Face à la situation qui prévaut, des observateurs avertis de la scène politique voient la main des militants du Front pour la Démocratie et la République (FDR) qui ont pour cible, de nos jours, Me Mountaga Tall et Choguel Maïga. Mais ce point de vue n’est pas du tout partagé par les cadres mêmes du parti du Tigre. « Nos problèmes sont bien connus : ce sont les démissionnaires. Tant mieux qu’ils partent » nous a affirmé un responsable des questions électorales du parti. « Sur les questions politiques, Moussa se méfie beaucoup. Il ne se confie presque pas. Donc, il ne saurait être la source de ce qui se passe actuellement au MPR » soutient de son côté M. Sanogo, un des ex-barons du régime militaire.

« Moussa Traoré a affiché son satisfecit quant aux conclusions du congrès qui a décidé de soutenir la candidature de Amadou Toumani Touré pour la présidentielle du 29 avril dernier » renchérit un autre responsable du parti. « Entre Moussa Traoré et moi, tout va bien. Je lui rends toujours les honneurs dus à son rang. Aujourd’hui, Moussa est entre la mosquée et son champ. Ça veut tout dire » nous a déclaré au téléphone le ministre Choguel Maïga.

Enfin, Moussa Traoré, le guide, n’est donc pas en brouille avec le gardien du temple, Dr Choguel Maïga. Cependant, certains proches du premier sont contre le second. Ce qui explique le rififi au sein du parti.

Alassane DIARRA

23 mai 2007.