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Des soupçons de corruption et de magouilles financières pèsent sur le commissariat à la sécurité alimentaire (CSA). Son directeur administratif et financier (DAF) est dans les mailles de la justice depuis quelques jours. Pour une dépense d’argent peu orthodoxe, l’argentier du CSA a été entendu par le juge anticorruption Sombé Théra.

Il lui est reproché l’octroi d’un marché au frère de sa patronne, la commissaire à la sécurité alimentaire, en l’occurrence le député élu à Tombouctou, Sandi Haïdara. Le comble en est que ledit marché n’a pas été exécuté alors qu’il y a des traces de sorties d’argent. Le CSA n’est pas à sa première interpellation dans des affaires scabreuses. Il a été épinglé dans les rapports 2007-2008 et 2008-2009 du Bureau du Vérificateur général (BVG). Les accusations du BVG dans ces rapports font état de distributions de céréales sans trace, de dilapidation d’argent public et de détournement d’aides alimentaires, etc.

Mais cette affaire qui est au stade de l’instruction risque aussi d’être étouffée. La commissaire à la sécurité alimentaire, Mme Lansry Nana Haïdara, qui a les faveurs de Koulouba et du parti présidentiel le PDES, ne semble pas effrayée outre mesure. Elle prend tout simplement l’interpellation de son DAF à la légère parce qu’elle sait qu’elle a le dos large.

Le vol d’ordinateurs dans ses locaux où était impliqué un de ses parents a été étouffé dans l’œuf après des soupçons portés contre le personnel qui avait souffert le martyre en faisant les choux gras de la presse.

Abdrahamane Dicko

Les Échos du 12 Janvier 2011.