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La Banque verte fait encore parler d’elle. Pas cette fois-ci sous un angle fiduciaire ou gestionnaire au sens le plus restrictif du terme, mais pour les attitudes méprisantes et arrogantes de son Président Directeur Général Moussa Alassane DIALLO envers son personnel et plus spécifiquement les agents déplacés du Nord vers le Sud à cause des problèmes sécuritaires courantes.

En effet, la semaine dernière, lors d’une assemblée générale du personnel de la banque, convoquée cette fois ci par le PDG pour discuter du résultat de l’exercice 2011, le personnel de la banque a remis sur table la question de l’indemnisation des agents victimes dans leurs chairs et dans leurs biens lors de la prise de Gao et Tombouctou par les rebelles. Une énième revendication du genre allait être encore évacuée par le PDG de la banque avec un mépris outrancièrement blessant eu égard aux circonstances dramatiques dans lesquelles les dommages ont été subis et surtout au traumatisme personnel et collectif que cela a entrainé chez les victimes et leurs familles.

En effet, une vingtaine d’agents et leurs familles ont du essuyer tirs et brimades lors des dernières heures de la crise les obligeant à quitter avec précipitation leurs domiciles en y laissant tous les biens matériels qu’ils ne pouvaient amener avec eux. Le cas de M. X K est beaucoup plus symptomatique du courage et de la détermination d’un caissier décidé à sauver tout ce qui peut l’être comme valeur monétaire alors qu’il n’avait même pas la couverture de sa hiérarchie. Ce courageux personnage à réussi à faire plusieurs tours entre la banque et un lieu sécurisé en dehors de la ville pour mettre des centaines de millions à l’abri aux fins de l’évacuer vers le sud. Mal lui en a pris car à l’ultime tentative de sauver le restant du disponible (environ 400 millions de CFA), il n’a pu accéder à la banque à cause de la proximité du foyer des combats. M.X K n’a pu également avoir accès à son véhicule certainement tombé entre d’autres mains.

A défaut d’être chaleureusement félicité par les plus hautes instances de la banque comme il se doit dans tout système d’organisation « civilisé », M.X K était loin de s’attendre que le PDG allait l’envoyer paître lui et tous les autres qui sont dans le cas. Malgré l’appui du comité syndical le PDG a jusque là refusé toute idée d’indemnisation. Sa réponse lors de l’assemblée générale de la semaine dernière est à tout le moins ahurissant : « la BNDA n’a rien à voir avec tout cela. Allez mieux vous pourvoir devant qui de droit, notamment ceux qui sont à l’origine de tout cela. Moi-même en ai été victime. Lors des évènements les militaires ont saisi mon véhicule. Je n’ai dû mon salut que par la bienheureuse intervention d’un des mes directeurs ». Ahurissant ! Quel mépris ! Quel management d’un autre temps ! N’y avait-il pas d’autre réponse à apporter à cette sensible question qu’une sortie aussi dédaigneuse ?

Lui qui en tant que Président de l’association des banques a failli à sauver les quelques 2 milliards toutes banques confondues restés coincés dans les caisses du nord aurait d’abord été mieux inspiré de faire amende honorable. A l’époque, en dépit de conseils sécuritaires avisés, il n’a pas daigné envoyer un avion rapatrier les avoirs bancaires dans ces deux villes pour ne pas incommoder son mentor du moment en créant une situation apparente d’anormalité.
Dans le cas d’espèce, même si la question de l’indemnisation des situations de genre n’est pas prévue par les textes de la banque ou d’autres moyens, sa prise en compte, en raison des circonstances exceptionnelles qui ont prévalu s’avère nécessaire. Cela s’appelle la gestion du social. Cela s’appelle sous d’autres cieux plus civilisés de « l’accommodement raisonnable » pour le bien être social de l’organisation.

Le rubicond semble cette fois ci franchi par un dirigeant controversé qui continue contre vent et marrées à fouler aux pieds les règles de bonne gestion. « Trop c’est trop », estime -t- on du côté de certaines protagonistes profondément outrés. L’on se demande pourquoi quelqu’un qui a été épinglé par le Vérificateur Général « la main dans le sac » continue à œuvrer dans son entreprise de mépris et d’autoritarisme, renchérit- on.

Ce qui demeure constant, c’est que ça continue toujours à sentir du sulfure du côté de la BNDA au grand dam des autorités. Sur la base d’informations crédibles, des situations frauduleuses continueraient toujours d’être perpétrées au sein de l’établissement bancaire bien après la mission d’audit public du VEGAL. Votre serviteur, saisi d’un cas démentiel, ne manquera pas de vous le faire partager dans les prochaines publications lorsque les recoupements probatoires le permettront. Affaire à suivre donc…

Seydou O N’Diaye

Le Prétoire du 23 Juillet 2012