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Créé en 2004 pour un contrôle de performance des services publics et une vérification des structures et organismes qui bénéficient des fonds publics ou chargés de la gestion de ces derniers, le Bureau du Vérificateur Général est une structure indépendante. Ainsi, chaque année, il produit un rapport qu’il remet aux différents chefs d’institution de la République avant de le présenter devant la presse, la société civile et les partenaires techniques et financiers du Mali.

Au départ, le BVG jouissait d’une grande crédibilité. Mais, au fur et à mesure que les années défilent, cette qualité s’émousse visiblement à travers des multiples contestations du rapport annuel, des dénonciations et maintenant d’une grogne au sein même de l’institution.

En effet, le Vérificateur Général, Sidi Sossoh, avait recruté en son temps des dizaines de personnes pour assurer le démarrage du service. Au nombre de ce petit monde figurent en bonne place quatorze fonctionnaires de l’Etat. Ceux-ci avaient pris une disponibilité pour être recrutés au sein du BVG. Mais, chemin faisant, ces agents de l’Etat ont transformé leur disponibilité en détachement. Une situation qui a irrité le Vérificateur Général. Aussi, a-t-il manifesté sa désapprobation et a demandé aux intéressés de revenir au statu quo ante faute de quoi, ils se verront virés du BVG. Voilà une attitude qui a indisposé les agents concernés qui soutiennent haut et fort qu’ils ont le droit avec eux. C’est pourquoi, ils ont refusé d’obtempérer aux «agissements» du Vérificateur Général. Celui-ci, se considérant comme le seul et l’unique chef de l’institution, en a fait un point d’honneur. Il a donc décidé de sévir.

C’est dans cette optique qu’il a écrit aux différents départements ministériels concernés (la Sécurité, la Fonction publique, la Justice, les Finances…) pour leur demander de redéployer ailleurs leurs agents en service au BVG.

Les ministres saisis n’ont pas réagi encore. Mais Sidi Sossoh Diarra, jaloux de son indépendance, n’a pas attendu leur réponse pour commencer à préparer la procédure de remplacement du personnel concerné. Ce qui inquiète les intéressés (ils ont en terme de salaire entre 2,5 millions de FCFA et 1,2 millions de nos francs). Ceux-ci sont décidés à se battre pour faire respecter ce qu’ils appellent la «légalité et le droit».
Les quatorze, unis et solidaires, se sont donc consultés pour dire «niet» aux desiderata du Vérificateur Général qui se «croit être au dessus de la loi». Ce qui est sûr, c’est que si Sidi Sossoh Diarra persiste à faire retourner les fonctionnaires dans leur service d’origine alors qu’ils ont été recrutés sur concours, les frondeurs intenteront un procès contre lui. C’est ce qu’ils affirment à haute et intelligible voix. Ce qui ne manquera pas d’écorner davantage l’image du Bureau du Vérificateur Général.

En outre, il faut relever que la Section des comptes de la Cour suprême, les impôts et l’INPS se sont intéressés récemment aux comptes internes de l’institution. Question de savoir si celle-ci est aussi exigeante avec elle-même en matière de bonne tenue des écritures et de versement régulier des cotisations sociales qu’elle l’est envers les autres. Toute chose qui fait jubiler les adversaires de Sidi Sossoh Diarra, qui prient le ciel pour qu’il soit pris en faute. Mais rira bien qui rira le dernier. A suivre.

Chahana TAKIOU

05 décembre 2008