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« On ne peut pas construire l’avenir avec les vieilles méthodes. Les citoyens veulent un PS joyeux, qui représente la diversité de notre pays, qui soit créatif, innovant, et surtout constructif. C’est pourquoi s’attaquer à la personne de Ségolène Royal est dangereux ». Ainsi, parlait Manuel Valls avant de sentir les morsures d’une météo visitée par les dieux africains de l’élection nickel.

Un de ces fabuleux gags qui, imparablement, aurait déclenché l’ire de l’Union européenne, si par malheur, il avait eu l’Afrique pour théâtre. Mais tout le monde connaît des soirs d’amertume. Surtout quand on passe pour un joueur, fût-on de la galaxie Barça, comme le député et maire d’Evry, celui-là qui, à peine naturalisé Français (en 1982) partit, à grandes enjambées, à la conquête des hauteurs. Sans doute plus Sisyphe que Sherpa.

Même si lui a toujours su saisir la petite branche qui se déploie à sa rescousse le long d’éboulements successifs. Ceux qui emportèrent ses anciens patrons Rocard et Jospin comme il y a peu, Ségolène Royal.

Encore qu’il est trop tôt de la reléguer au musée, celle-là. Une branche ? Non, plus exactement la baraka pour ce rouleau compresseur de 46 ans, atypique briseur de tabous adulé ou abhorré, exaspérant ou rassurant tant à gauche qu’à droite.

Lorsqu’il prône la rupture socialo, comme dans son récent livre-interview dont l’establishment rose pense sans doute qu’il le désigne au peloton d’exécution. La droite, elle aussi, s’en inquiète parce qu’elle sait son champion Sarkozy rebelle au corset partisan et porté sur le miroir. Au point de voir chez le député-maire son sosie de gauche ?

Contrairement au président de France, le beau méditerranéen n’a pas encore dit qu’il y pense en se rasant. Mais, il a trois atouts : il aura 50 ans en 2012, 55 ans en 2017 et, mieux que beaucoup il connaît la musique. L’avenir sera peut-être à la Valls à deux temps.

Adam Thiam

18 Décembre 2008