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Lutte contre l’excision : Comment amener les agents socio sanitaires à abandonner cette pratique néfaste à la santé de la femme et de l’enfant

En prélude à la célébration de la 3è édition de la journée internationale de lutte contre la pratique de l’excision le 06 février prochain, avec comme thème cette année « Rôle et place des agents socio sanitaires pour l’abandon de la pratique de l’excision », le Programme National de Lutte contre la Pratique de l’Excision (PNLE) a organisé lundi 29 janvier, au ministère de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, une conférence de presse animée principalement par Mme Keïta Joséphine Traoré, directrice du Programme.

Amener les agents socio sanitaires à s’engager pour l’abandon de la pratique de l’excision, les impliquer dans la sensibilisation pour l’abandon de la pratique de l’excision, les informer sur les méfaits de l’excision, susciter plus d’engagement de la part du Département de la santé, représentent les objectifs recherchés par la journée du 6 février.


Les journaux titrent :


Nouvel Horizon du 30 janvier 2007 :
« Lutte contre la pratique de l’excision, Quelle place pour les agents socio sanitaires? ».

Soir de Bamako du 30 janvier 2007 : « Lutte contre la pratique de l’excision, Pour le bien-être des familles ».


L’Indépendant du 30 janvier 2007 :
« Journée internationale de lutte contre l’excision, Le personnel socio sanitaire au cœur du combat ».

Le Républicain du 30 janvier 2007 : « Lutte contre l’excision : Des résultats encourageants ».

Les Echos du 31 janvier 2007 : « Le Pnle face à l’excision, Responsabiliser les agents socio sanitaires ».

Pourquoi une journée internationale de la lutte contre l’excision ? …

« ..Lors de la grande assemblée du comité interafricain contre les pratiques néfastes en février 2003 à Addis-Abeba, des premières dames africaines (Mali, Burkina Faso, Nigeria et Guinée) ont décrété le 6 février comme Journée Internationale Tolérance zéro contre la pratique de l’excision. Le Mali, à l’instar des autres pays africains célèbre cette journée. », écrit Nouvel Horizon du 30 janvier 2007.

L’excision au Mali …

« L’excision se pratique dans toutes les régions du Mali, en milieu urbain comme rural, seules les communes de Gao, Tombouctou et Kidal ont des niveaux de pratique réduits 9%. Cette information a été donné par Mme Kéïta Josephine Traoré, la Directrice du Programme National de Lutte contre la Pratique de l’Excision (PNLE) au cours d’un point de presse qu’elle a animé hier au siège du Ministère de la Promotion de la Famille, de la Femme et de l’Enfant sis à l’ACI 2000. », écrit Soir de Bamako du 30 janvier 2007.

« La coordonnatrice du PNLE a profité de l’occasion pour attirer l’attention des journalises sur les méfaits de l’excision qui est la plus sévère des 16 pratiques néfastes (gavage, lévirat, mariage précoce…) à la santé de l’enfant et de la femme au Mali. Cette pratique est ainsi considérée comme une atteinte à l’intégrité physique et morale de la victime. Sans compter les risques encourus par la petite fille excisée dans des conditions d’hygiène parfois insuffisantes. Ceux-ci vont de la mort suite à une infection à la douleur liée à l’opération, souvent faite sans anesthésie en passant par la stérilité, la frigidité, les fistules vaginales, les difficultés d’accouchement… Les conséquences psychosociales ne sont donc pas les moindres.

Des questions sur l’excision ont été introduites en 1995-1996 dans l’Enquête démographique et santé. Et selon l’EDS III, 91,6 % des femmes (entre 15 et 49 ans) sont excisées au Mali. Cette pratique est en légère diminution par rapport à la précédente enquête (1995-1996) qui affichait un taux de prévalence de 93,7 %. Toutefois, l’âge a également changé. En effet, on excise les filles plus jeunes, voire à la naissance sous prétexte d’atténuer la douleur.
», écrit Les Echos du 31 janvier 2007.

Pourquoi le choix du thème « la place et le rôle des communicateurs traditionnels et modernes dans la lutte contre l’excision » pour cette 3ème édition …

« Le choix du thème « rôle et place des agents socio sanitaires pour l’abandon de la pratique de l’excision » vise à mettre à l’index le comportement de certains agents sanitaires, trop portés sur l’argent. », écrit L’Indépendant du 30 janvier 2007.

« A en croire toujours la directrice du PNLE, malgré tous les efforts fournis par les pouvoirs publics et les ONG/Associations, force est de constater que la pratique persiste au sein de certaines structures socio sanitaires suite à un déficit d’information. Pour relever ce défi, le choix du thème de cette année est axé sur l’implication des agents socio-sanitaires dans la lutte contre la pratique de l’excision tant au sein des centres de santé qu’en dehors de ces centres. », écrit Soir de Bamako du 30 janvier 2007.

« En effet, si à l’origine, c’était une exciseuse traditionnelle qui pratiquait sur un groupe de jeunes filles pubères, aujourd’hui, elles sont parfois remplacées par du personnel médical. Et selon les conclusions de l’Enquête démographique et de santé (EDS II), réalisée en 2001, 10 % des agents socio sanitaires continuent à penser que l’excision est une bonne chose et 2 % la pratiquent toujours malgré son interdiction par une lettre circulaire du ministère de la Santé.

Ce qui est inquiétant si l’on sait, selon la même source, que 13 % de la population est prête à recourir aux structures de santé pour exciser leurs filles. « L’agent socio sanitaire est le garant de la santé. Il ne doit pas aller à l’encontre de ce devoir professionnel. Il faut donc les informer et les sensibiliser pour qu’ils s’investissent davantage dans le combat contre cette pratique néfaste à la santé qui est aussi une atteinte aux droits humains », souligne Mme Kéita.
», écrit Les Echos du 31 janvier 2007.

« En ce qui concerne la tenue de la journée du 6 février, Mme Kéïta a ajouté que cette journée a pour objectif de faire amener les agents socio-sanitaires à s’engager pour l’abandon de la pratique de l’excision, impliquer tous les agents socio-sanitaire dans la sensibilisation pour l’abandon de la pratique de l’excision, informer tous les agents socio-sanitaires sur les méfaits de l’excision, susciter plus d’engagement de la part du Département de la santé. Selon les dires de Mme Kéïta, durant tout le mois de février, des actions de sensibilisation/plaidoyer seront menées en direction du Département de la Santé et des agents socio-sanitaires. », écrit Soir de Bamako du 30 janvier 2007.

Conséquences de l’excision …

« Revenant sur les conséquences de l’excision, Mme Kéïta Josephine Traoré a indiqué qu’elles peuvent être immédiates, à long où à moyen terme, ou aller jusqu’à la perte de la vie. Il y a aussi des conséquences psychosociales qui peuvent aboutir souvent au divorce. « Ce qui fait que l’excision constitue un grand problème de santé publique au Mali », a souligné la Directrice du PNLE. », écrit Le Républicain du 30 janvier 2007.


Les pouvoirs publics maliens engagés pour lutter contre l’excision dans notre pays …

Selon Mme Kéïta Josephine Traoré, la Directrice du Programme National de Lutte contre la Pratique de l’Excision (PNLE « … depuis l’indépendance de notre pays, un nombre croissant de personnes avaient compris que l’excision était une pratique qui pose des problèmes de santé sexuelle et de reproduction. C’est ainsi que, dira-t-elle, déjà sous la première République, l’Organisation des Femmes de l’US-RDA, conduite par Awa Kéïta, et l’Union Nationale des Femmes du Mali (UNFM), sous la 2e République, avaient pris l’initiative de combattre cette pratique, d’où l’implication aujourd’hui des Associations/ONG et des partenaires techniques et financiers dans la lutte, a-t-elle déclaré.

Mme Kéïta Josephine a, par ailleurs, a indiqué que l’engagement des pouvoirs publics pour l’abandon de l’excision a été constant, c’est pourquoi dès 1996, le comité National d’action pour l’abandon des pratiques néfastes à la santé de la femme a ébauché l’avant projet d’un plan Quinquennal d’action.

A l’en croire, un nouveau Comité National d’Action pour l’Eradication des Pratiques Néfastes à la santé de la Femme et de l’Enfant élargi verra le jour, suite à l’érection du Commissariat à la Promotion des Femmes en Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Ce comité, institué par décret n° 99-157/P-RM du 16 juin 1999, qui est présidé par la Ministre de la Promotion de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, est composé des représentants des Départements Ministériels, de l’Assemblée Nationale, des services techniques et des Associations/ONG, appuyé par les partenaires techniques et financiers.

Selon ses explications, ce comité, doté d’une structure de coordination dénommée Secrétariat Exécutif du CNAPN (SE/CNAPN), a des démembrements au niveau des huit régions du Mali et du District de Bamako (Comités Régionaux d’Action pour l’Abandon des Pratiques Néfastes.)
. », écrit Soir de Bamako du 30 janvier 2007.

Acquis des deux éditions précédentes, une loi contre l’excision en vue …

« Concernant les résultats de la célébration des journées précédentes, comme nous sommes à la 3ème édition, Mme Keïta a précisé que les résultats sont positifs et très encourageants, parce qu’il n’était pas possible de parler de l’excision. Par rapport à l’année dernière, tous le mois de février a été consacré à des débats sur l’excision. Et un centre a été créé pour sensibiliser.

A en croire Mme la directrice du PNLE, avec ces actions, certaines excisions ont été empêchées. A la question de savoir si la sensibilisation a montré ses limites et que les acteurs de la lutte contre la pratique de l’excision parlent de la création d’une loi contre l’excision, selon Mme Keïta, malgré les sensibilisations, la pratique de l’excision persiste. Pour elle, nombreux sont ceux qui ont compris les conséquences de l’excision mais, ils sont influencés par d’autres personnes. C’est pourquoi les acteurs veulent une loi qui peut être appliquée et les réflexions sont en cours.
», Nouvel Horizon du 30 janvier 2007.

« S’agissant des résultats enregistrés par la PNLE, Mme Kéïta a estimé qu’ils sont positifs et encourageants. A son avis, si l’on tient compte de l’évolution des mentalités, on se rend compte que beaucoup a été fait car il y a quelques années, on ne pouvait pas parler de l’excision des filles sans faire des mécontents.

Ces problèmes, disait-elle, n’existent plus aujourd’hui.
», écrit Le Républicain du 30 janvier 2007.

Programme de la 3ème édition …

« C’est le Centre international de conférence de Bamako qui abritera le 6 février prochain les activités de la journée internationale de lutte contre les pratiques de l’excision, à travers entre autres des conférence-débats, des sketches, et des animations musicales. », écrit Le Républicain du 30 janvier 2007.

« Des actions de plaidoyer seront également menées auprès des responsables des ministères de la Santé et du Développement social. Pendant près d’un mois, des conférences et d’autres manifestations seront organisées sur toute l’étendue du territoire national. », écrit Les Echos du 31 janvier 2007.